17 juillet 2014
L’accès au spectacle en plein air, un privilège?
Par: Le Courrier
La MRC des Maskoutains pourrait-elle faire une exception à son horaire habituel de transport en commun ou adapté pour les quelques soirées estivales où se tiennent des événements spéciaux?

La MRC des Maskoutains pourrait-elle faire une exception à son horaire habituel de transport en commun ou adapté pour les quelques soirées estivales où se tiennent des événements spéciaux?

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Ah, la belle saison! Le temps des vacances, des activités extérieures et des spectacles en plein air… Encore faut-il être en mesure d’en profiter.

À Saint-Hyacinthe, nous avons les Beaux Mardis de Casimir : un événement intéressant et gratuit facilement accessible aux personnes à mobilité réduite… à condition de pouvoir s’y rendre, mais aussi de pouvoir en revenir. Car il n’y a pas de transport en commun ni de transport adapté les mardis soir dans la capitale maskoutaine : le mardi, en toutes saisons, le service de transport adapté prend fin à 19 h, sans exception. Après cette heure, donc, les personnes qui utilisent ce service, qui sont des personnes à mobilité réduite, qui vivent avec une déficience intellectuelle, une déficience visuelle ou autre incapacité, ont trois options : solliciter une personne de leur entourage pour avoir du transport ou payer un taxi pour rentrer chez elles, à un coût qui peut être trop élevé pour des personnes qui sont souvent sans emploi ou qui vivent avec des revenus limités. « Il manque une option », vous entends-je dire. J’oubliais, pourtant, c’est la plus évidente, la plus facile, celle qui nécessite le moins d’efforts : rester à la maison. La question du transport des personnes vivant avec des incapacités demeure problématique dans notre région. Ces personnes, toutes incapacités confondues, représentent 10 % de la population. Comme tout le monde, elles ont envie de sortir et de participer à des activités extérieures l’été. Si bon nombre d’entre elles peuvent marcher ou prendre le vélo, qu’en est-il de la personne non voyante? De la personne à mobilité réduite qui n’a pas les moyens de se procurer un fauteuil électrique? De la personne dont la déficience intellectuelle rend son orientation dans l’espace difficile même si elle peut marcher de son domicile jusqu’au lieu de l’événement? De la personne âgée qui veut être autonome dans ses déplacements et ne pas avoir à solliciter ses proches pour se rendre à l’activité? La MRC des Maskoutains pourrait faire une exception à son horaire habituel pour les quelques soirées estivales où se tiennent des événements spéciaux. Au Parrainage civique, nos membres en seraient les premiers ravis. Le bassin de la population utilisant de tels services est trop faible dans la MRC pour le justifier? Plusieurs municipalités, dont celle d’Acton, beaucoup moins populeuse, offrent des services jusqu’à 22 h en semaine, ce qui permet aux personnes de cette région d’assister aux événements en plein air offerts en soirée. Pourquoi donc pas à Saint-Hyacinthe? Pour des raisons financières, ce n’est pas une surprise : le transport adapté est sous-financé partout au Québec, c’est une réalité que nous connaissons. Pourtant, quand nous savons que certaines régions arrivent à faire plus avec peu, il y a des raisons de s’interroger. Question de financement, donc, oui, mais surtout de priorités. Le transport adapté profite à toutes les personnes vivant avec des incapacités et, par ce fait même, facilite l’intégration. Et un accès équitable aux loisirs, comme au milieu du travail, est souhaitable dans notre région. Pour tous. Encore faut-il faire ensemble le choix de s’en donner les moyens…

L’équipe du Parrainage civique des MRC d’Acton et des Maskoutains, du RMUTA et du Trait d’Union Montérégien

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