6 juin 2019
Entre les lignes
L’agilité du directeur général
Par: Le Courrier

L’Association des directeurs généraux des municipalités du Québec tient présentement son congrès annuel au centre de congrès de Saint-Hyacinthe, du 5 au 7 juin.

Le thème du congrès, sous la présidence du directeur général de la Ville, Louis Bilodeau, est « Cultiver l’agilité ».

Dans son mot de bienvenue, M. Bilodeau indique entre autres à ses collègues que notre centre de congrès est alimenté au gaz naturel produit grâce à « l’apport de matières organiques provenant des citoyens et d’entreprises avoisinantes ».

Il faut être assez agile en effet pour mentionner cela sans se tordre de rire.

Pas plus tard que lundi soir, notre directeur général avait justement confirmé à un citoyen en pleine séance publique qu’il est faux de prétendre que le contenu des bacs bruns servent à produire du gaz naturel puisque les matières organiques tirées de cette collecte dans la MRC finissent présentement en compost en Estrie. Mais notre directeur général et même la Ville dans ses communications publiques préfèrent propager un mensonge que de dire la vérité aux citoyens.

La vérité, c’est que notre usine demeure certes une réussite technologique, mais qu’elle ne fonctionne pas aussi bien que prévu et qu’elle n’est surtout pas, à ce stade-ci du moins, la vache à lait que l’on croyait qu’elle deviendrait.

Pourquoi entretenir un mensonge? À écouter notre maire et notre directeur général, c’est pour encourager les Maskoutains à utiliser leur bac brun et pour faire comme tout le monde puisque toutes les usines de biométhanisation éprouvent des difficultés, même celle de Varennes. Elles ne le disent pas publiquement, mais quand les gestionnaires discutent entre eux de leur réalité respective, les problèmes ressortent, ont affirmé le maire et le DG lundi soir.

Parmi les conférences qui risquent d’intéresser M. Bilodeau à son propre congrès cette semaine, il y a celle de Steven Guilbeault, écologiste et cofondateur d’Équiterre : le monde municipal au cœur de la lutte aux changements climatiques. Et surtout celle de Françoise Bertrand : développement économique et acceptabilité sociale.

Notre directeur général va peut-être prendre des notes, qui sait?

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