7 janvier 2016
Lallier et les autres
Par: Christian Vanasse

Rare unanimité dans le monde municipal pour honorer la mémoire de Jean-Paul ­Lallier qui a passé plus de temps que ­quiconque à la tête de la Ville de Québec. Sur toutes les tribunes, on vante ses grandes qualités de visionnaire et sa ferme volonté de faire des villes des milieux de vie modernes et accueillants en donnant ­priorité aux urbanistes diplômés plutôt qu’aux promoteurs patentés.

Il se plaisait à dire : « Couper dans les ­budgets de la culture est un peu comme se nourrir avec ses graines de semences ». Toute sa pensée politique était orientée vers le long terme. Préservation du ­patrimoine bâti, création de jardins ­publics, revitalisation du quartier Saint-Roch, aménagement des berges de la ­rivière St-Charles et instauration de conseils de quartiers, prélude aux grandes fusions municipales, auront contribué à donner à Québec un statut de ville de ­renommée internationale.

Mais ce Montréalais d’origine, à qui on attribue la création du terme « radio-poubelle », s’est aussi fait des ­adversaires. Notamment ces mêmes ­radios populistes qui affectionnent plutôt le style Régis, un gestionnaire fort en gueule et en baisses de taxes, mais qui ­travaille plutôt dans la courte vue de la prochaine élection.

Et à travers le concert d’éloges saluant aujourd’hui le maire Lallier, rares sont les villes qui appuient réellement leurs belles paroles par des gestes concrets.

De Montréal à Hull, en passant par Trois-Rivières, les urbanistes déplorent le manque de vision et de transparence des élus, la pression des promoteurs et des ­projets à la pièce, en toute urgence et sans grande consultation publique.

Lallier aimait aussi citer ce proverbe ­africain pour critiquer ceux qui confondent trop souvent intérêt privé et intérêt public : « Ce que tu veux faire pour moi, si tu veux le faire sans moi, tu risques de le faire contre moi ».

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