1 mars 2012
Laplante et la source
Par: Martin Bourassa

Une manchette de La Presse du 24 février nous apprenait qu’un enquêteur de la Sûreté du Québec était suspendu avec salaire et faisait l’objet d’une enquête interne parce qu’il aurait fourni des informations sur Paul Laplante à une journaliste.

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Une manchette de La Presse du 24 février nous apprenait qu’un enquêteur de la Sûreté du Québec était suspendu avec salaire et faisait l’objet d’une enquête interne parce qu’il aurait fourni des informations sur Paul Laplante à une journaliste.

Plus précisément, on soupçonnait Pierre Laflamme, lieutenant-détective à la division des crimes contre la personne de la SQ, d’avoir été un peu trop bavard et d’avoir coulé de l’information. D’où l’enquête de nature disciplinaire.Voici le plus récent rebondissement tordu, d’un dossier qui l’est encore plus.J’en pense quoi? Première des choses, que l’enquête de la SQ ne sera pas évidente à mener à terme pour plusieurs raisons. Je ne peux me prononcer dans le cas précis de Pierre Laflamme, sur ce qu’il a fait ou pas, mais mon expérience me dit que du coulage d’information il semble y en avoir eu en quantité industrielle dans ce dossier.Plus particulièrement au moment de l’arrestation de Paul Laplante et les jours qui ont suivi. Même après le suicide du personnage principal de l’intrigue. Ces fuites ont particulièrement servi les intérêts des médias apparentés à Quebecor qui avaient clairement un pas d’avance sur la concurrence. Mais avant de blâmer la SQ, Pierre Jean Jacques ou un enquêteur, on va quand même mettre deux ou trois choses en perspective. D’abord le fait que le garçon de Paul Laplante est policier. Il n’était peut-être pas dans le secret des Dieux, mais il était à proximité. Mieux encore, la fille de Paul Laplante, Élizabeth, est journaliste aux faits divers pour l’agence QMI, elle-même au service exclusif des différentes plates-formes de Quebecor.Elle a d’ailleurs collaboré à l’enquête policière au point d’avoir tenté de piéger son propre père selon les informations qui ont circulé depuis. Elle a étudié en journalisme au Cégep de Jonquière et elle a donc dans son cercle d’amis de nombreux journalistes. Sans parler de tous ceux qu’elle fréquente au travail depuis la fin de l’année 2011, avant même l’arrestation de son père. Je ne l’accuse de rien et je n’irai jamais jusqu’à affirmer qu’Élizabeth Laplante aurait volontairement ou pas alimenté des collègues ou amis, ou pire qu’un employeur sans scrupules aurait pu se servir d’elle, mais voilà à mes yeux un élément qui colore et complique joyeusement le dossier.Enfin, je me questionne sur le but et la nécessité de cette enquête à ce stade-ci.

M.B.

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