24 septembre 2020
Carte blanche
L’après Ti-Père
Par: Christian Vanasse
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La disparition annoncée de la vénérable institution, Temple du poulet rôti et Mecque de la sauce brune température pièce, a profondément attristé la population maskoutaine. J’avoue que moi aussi, j’ai éprouvé un petit ressenti à l’annonce de la tragédie, et ce, même si ma religion me dicte qu’une poutine avec du fromage râpé, c’est une hérésie culinaire!

Sans ironie, j’ai beaucoup d’empathie pour ceux et celles qui pleurent la perte d’un être cher… mais avouons-le, ces derniers temps, on n’allait pas le visiter aussi souvent qu’avant.

Malgré tout, j’ai d’heureux souvenirs d’aller chercher un 2 $ de patates chez Ti-Père pour le repas de famille du dimanche. Les grandes tablées de la fête des Mères, les partys de bureau bien arrosés, ah, je me souviens très bien de l’ambiance de ce restaurant aussi mythique que la Brasserie Maska et le PFK.

Comme je me souviens de faire la file pour les beignes dans l’sirop de Pinsonneault, flâner devant les modèles à coller chez Brabant ou louer des vidéos chez M. Cadillo. Les choses changent, pis nous avec. Et ce qui n’évolue pas disparaît, comme disait Darwin.

En même temps, je m’étonne que la disparition d’un restaurant nous émeuve autant, alors que la disparition des glaces des océans… bof, ça nous laisse froids. Peut-être parce qu’on n’a pas trop de souvenirs d’acheter un 2 $ de frites le dimanche matin sur la banquise. Quand c’est loin, ça nous touche moins.

Mais au coin Laframboise pis Casavant, ça vient plus nous chercher. C’est proche. On peut le voir. On peut le toucher. Alors que les disparitions qui nous touchent le plus sont celles qu’on ne voit pas.

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