23 juin 2011
L’Arche de l’Expo n’est plus
Par: Le Courrier
L'Arche de l'Expo n'est plus.

L'Arche de l'Expo n'est plus.

La semaine dernière, la Ville de Saint-Hyacinthe annonçait « l’enlèvement » de l’Arche de l’Expo afin d’aménager un débarcadère de 125 000 $ attenant au Centre récréoaquatique. Il s’agissait vraisemblablement d’un euphémisme puisque la démolition de cette porte datant de 1933 a eu lieu mercredi à 7 h en quelques heures à peine.

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C’est avec une grande tristesse que le conseiller du district Sacré-Cœur, David Bousquet, a assisté à la démolition « précipitée » de l’infrastructure qu’il qualifie de symbole patrimonial de la Ville de Saint-Hyacinthe, du quartier Sacré- Cœur et du terrain de l’Exposition agricole.

« Aujourd’hui, nous venons de mettre à la poubelle une partie de notre histoire et de notre héritage collectif. Il faudra un jour comprendre que le patrimoine n’a pas de valeur. Il est tout simplement irremplaçable. Et si on le valorise, il devient même rentable, et ce, au plus grand bénéfice de toute la communauté », a réagi celui qui a lancé un débat sur le sort de l’Arche de l’Expo via sa page Facebook.David Bousquet estime que le conseil municipal a mis a exécution une action rapide afin d’éviter un débat sur le spacieux débarcadère du Complexe récréoaquatique. « Avec un peu de temps et de créativité, il aurait été possible de trouver une alternative acceptable, simple et moins coûteuse que le projet de débarcadère actuel tout en permettant la préservation de la fameuse porte en bois », a-t-il lancé, en dénonçant le manque de vision et de respect de la Ville.L’élu est allé plus loin en affirmant que ce geste s’était un manque de respect flagrant envers les bâtisseurs maskoutains qu’ont été l’architecte René Richer et l’honorable T.-D. Bouchard.Dans un communiqué diffusé le 15 juin, la Ville expliquait que « l’aménagement du débarcadère commande que nous procédions à l’enlèvement de l’arche […] qui ne pouvait plus s’arrimer aux accès, en plus de s’inscrire en dichotomie avec l’architecture contemporaine du nouveau Centre récréoaquatique. »« Pour le même prix qu’un déménagement, nous allons maintenant avoir une belle œuvre d’art moderne qui ne s’inscrira pas en dichotomie avec l’architecture contemporaine du nouveau Centre récréoaquatique. C’est un véritable gaspillage de ressources! » , a-t-il relevé à propos de l’oeuvre de 109 000 $ qui devra être intégré au complexe conformément au programme du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.Dans le plan initial du complexe, présenté aux élus aux balbutiements du projet, la porte de l’entrée Bourassa / Lamothe était conservée et incluse dans l’aménagement d’un débarcadère moins large et plus modeste, précise David Bousquet. « À ce moment-là, j’étais d’accord », a mentionné le conseiller.Le déménagement de la structure, comme son intégration dans l’aménagement du débarcadère, ont été massivement rejetés par le conseil municipal. Seuls les conseillers Brigitte Sansoucy et David Bousquet ont manifesté leur désaccord face à cette décision.Le conseiller Donald Côté était absent au moment du vote, mais a assuré lors de la dernière séance publique du conseil municipal que sa position aurait été la même que ses collègues de Saint-Sacrement et Sacré-Coeur. « Si j’avais été présent, j’aurais certainement voté en faveur de la préservation », a-t-il déclaré.Le directeur général de la Ville, Louis Bilodeau s’est dit étonné des réactions suscitées par l’annonce de la démolition. « L’Arche n’a jamais soulevé beaucoup de préoccupations », a-t-il évoqué.Louis Bilodeau a admis que l’Arche de l’Expo aurait pu être sauvegardée. « La porte aurait été entièrement placée sur le terre-plein dans le gazon, cela n’aurait plus été une porte par où les gens passent. En cours de route, la Ville a fait le choix de la sécurité, a expliqué le DG. « Il va y avoir du monde, des autobus et beaucoup d’enfants. On veut que ça circule bien et en sécurité. »

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