24 octobre 2019
Forum
L’asphyxie citoyenne
Par: Le Courrier

La température s’est rafraîchie. Je ne parle pas ici de l’arrivée de l’automne, mais bien, de cette douche d’eau froide qui attend les contribuables dans les prochaines semaines. La Ville de Saint-Hyacinthe étudie la possibilité d’accroître le fardeau fiscal des ménages maskoutains encore une fois.

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Dans un article publié le 19 septembre dans le journal Le Courrier de Saint-Hyacinthe, le journaliste Rémi Léonard avance l’idée selon laquelle la Ville de Saint-Hyacinthe étudierait la possibilité d’imposer une taxe spéciale de 0,01 $ pour chaque tranche de 100 $ d’évaluation foncière sur votre compte de taxes. Au total, cette mesure permettrait de hausser les recettes fiscales de l’appareil municipal d’environ 600 000 $. C’est ce que le journaliste avance dans son article. Cette somme serait dédiée en totalité à la construction de logements sociaux.

Certes, la pénurie de logements sociaux est une problématique sérieuse dans notre giron, surtout quand on considère que la liste de demandeurs s’allonge chaque mois, alors que les projets immobiliers de ce type se développent à pas de tortue. À qui la faute? Les promoteurs immobiliers recherchent des projets lucratifs. La Ville ne veut surtout pas renforcer sa réglementation pour ne pas nuire au développement résidentiel. En réalité, on va même alléger la réglementation si une grande chaîne de résidences pour personnes aînées entend venir s’installer dans notre centre-ville.

L’exemple montréalais

Pendant que nos élus n’ont pas hésité à augmenter leur salaire durant les vacances estivales, on entend saigner encore une fois les contribuables. Cette vision néolibérale de tout taxer, c’est la béquille de nos élus. Pourtant, la Ville de Montréal n’a pas eu peur de s’attaquer à cette problématique l’an dernier. L’administration Plante a fait preuve de leadership. Elle a proposé sa nouvelle politique 20-20-20. En gros, il s’agit d’une obligation pour les promoteurs immobiliers de construire au moins 20 % de logements sociaux, 20 % de logements abordables et 20 % de logements familiaux, et ce, pour les projets de développement immobilier dans la métropole. Le promoteur peut faire ce qu’il veut avec le 40 % restant.

De cette façon, on s’assure de répondre aux besoins d’une clientèle en situation de précarité. Dans la mesure où le promoteur refuse d’appliquer le 20-20-20, celui-ci peut esquiver la réglementation. Dans le cas échéant, celui-ci devra payer une amende significative (calculée en fonction de la valeur du projet) à la Ville de Montréal. Cette nouvelle source de revenus pour la Municipalité permet alors de financer les projets de logements sociaux. De plus, on ne vient pas piger dans les poches des contribuables montréalais.

Les payeurs de taxes abandonnés

Depuis 2013, le fardeau fiscal des contribuables maskoutains s’est accéléré à la vitesse grand V. La hausse démesurée de la valeur foncière des résidences, la hausse du taux de taxation et la hausse de la taxe d’eau ne sont que des exemples qui s’ajoutent à la perte de la parité du pouvoir d’achat au Québec. En plus, l’état de la dette publique n’est guère reluisant. À l’arrivée au pouvoir du maire Claude Corbeil en 2013, la dette maskoutaine oscillait autour de 30 millions de dollars. Elle dépasse désormais 51 millions de dollars en 2018. Si la tendance se maintient, la pression fiscale deviendra si importante, que le contribuable maskoutain s’asphyxiera un peu plus chaque jour.

Carl Vaillancourt, Saint-Hyacinthe

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