6 septembre 2012
L’attentat contre le PQ
Par: Martin Bourassa

Palpitante et enlevante jusque-là, la soirée électorale du 4 septembre s’est terminée sur une note dramatique. Elle passera à l’histoire pour de bien tristes raisons.

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Palpitante et enlevante jusque-là, la soirée électorale du 4 septembre s’est terminée sur une note dramatique. Elle passera à l’histoire pour de bien tristes raisons.

Le retour au pouvoir du Parti québécois et l’élection d’une toute première femme première ministre au Québec ont été relégués au second plan par l’attentat perpétré lors du rassemblement péquiste célébrant la victoire de Pauline Marois. Il y a eu mort d’homme et des blessés dans cette attaque aussi soudaine qu’inhabituelle qui a assombri les résultats étonnants de cette élection. Qui aurait cru que l’élection d’une femme souverainiste au Québec serait plus explosive que l’élection d’un premier président de couleur dans un pays comme les États-Unis? Pas moi.Quelques mots sur l’intervention de la garde rapprochée de Mme Marois lors de son discours. Je n’ai pas été impressionné. Si je salue la rapidité d’intervention qui a mis fin à son allocution, je m’interroge encore sur la pertinence de la ramener au micro après coup. C’était aussi imprudent qu’irréfléchi. On en reparlera longtemps, je pense, tout comme de la facilité avec laquelle le détraqué a réussi à l’approcher.Parlant des choses qui feront également jaser, on finira bien par remettre à l’avant-plan les résultats surprenants de cette élection. Des surprises, il y en a eu en quantité.En premier lieu, le score final qui donne 54 sièges au PQ, 50 au PLQ, 19 à la CAQ et 2 à Québec solidaire. Si l’élection d’un gouvernement péquiste minoritaire n’étonne guère, c’est bien la seule chose que les observateurs ont vu venir. Disons que la courte victoire du PQ ne permet pas à cette formation de se péter les bretelles. Et encore moins de gouverner à sa guise. Il ne sera pas facile pour cette formation d’imposer son programme et surtout ses fameux référendums d’initiative populaire.En second lieu, on peut dire que le PLQ a réussi à sauver les meubles, à défaut de pouvoir sauver son chef dans Sherbrooke. Qui aurait dit que le Parti libéral réussirait à chauffer le PQ en terminant à une poignée de députés seulement du pouvoir, lui qui naviguait en eaux troubles et que l’on croyait battu d’avance.Disons que le PQ n’a rien cassé. On pourrait en dire autant de la CAQ. La vague qui devait balayer le Québec et le 450 se fait encore attendre. Mais l’élection de 19 caquistes redonnera sûrement un peu de couleur à ce parti et une base plus solide. Sauf que François Legault devra trouver un autre cheval de bataille que le grand ménage et la corruption la prochaine fois. On peut aussi se réjouir de l’élection de Françoise David qui rejoindra Amir Khadir à Québec pour Québec solidaire.Elle doit son ticket parlementaire au débat des chefs. Bien fait pour elle!En ce qui concerne le député de Saint-Hyacinthe, Émilien Pelletier a certainement tiré profit de la division du vote fédéraliste dans cette lutte à trois. Sa victoire redonne également au comté de Saint-Hyacinthe accès au pouvoir, après neuf années passées dans l’opposition. Il faudra voir si nous pourrons en profiter longtemps.Car l’équilibre fragile entre le parti au pouvoir minoritaire et les partis d’opposition nous assure des lendemains qui seront intéressants à suivre. Comme je l’écrivais la semaine dernière, l’élection d’un gouvernement minoritaire pourrait être la meilleure option dans les circonstances, si cela se traduit par une gouvernance faite de respect et de modération. Les événements survenus mardi soir au Métropolis à Montréal commandent une attitude responsable de tous nos partis politiques.Il faut calmer le jeu et réduire le niveau de tension, baisser le ton, mettre de côté l’arrogance et la suffisance et toutes les chicanes politiques stériles. Dans l’immédiat, la retenue, le dialogue et la collaboration s’imposent autant à l’Assemblée nationale que dans nos communautés respectives.Calmons-nous un peu de grâce.

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