21 août 2014
L’avocat du diable
Par: Le Courrier

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Alors qu’au parc Dessaulles, l’automne dernier, je serrais la main tendue par le candidat Claude Corbeil, j’avais cru percevoir chez lui, au cours de la conversation qui s’ensuivit, une solide détermination à promouvoir l’essor de notre centre-ville. Il laissait entendre qu’il avait dans ses cartons bon nombre de projets enthousiasmants et que les citoyens – en particulier ceux du centre-ville – n’auraient pas à regretter de l’avoir élu comme premier magistrat.

En tant que résident et irréductible partisan de notre vieux Saint-Hyacinthe riverain, je dois dire que ma première impression quant à la toute dernière annonce relative au stationnement n’a pas été positive. Une impression de déjà-vu, de retour quelque peu brutal aux pires années du Bernierisme.

Une fois le choc encaissé par contre, il faut faire preuve d’honnêteté intellectuelle. Nos élus ne trouvent-ils pas les citoyens assez taxés? Le centre-ville est-il trop florissant?

Voyons donc. Cela est trop facile de penser qu’un tel projet, avec les objections qu’il soulève, ait pu se concocter à la légère. Sommes-nous conscients de l’amélioration marquée de la situation enregistrée autour du centre hospitalier alors que des mesures semblables ont été mises en place? Alors, essayons de garder la tête un peu plus froide.

La clientèle des commerces du centre-ville doit, hélas, trop souvent se garer passablement loin des établissements qu’elle fréquente, parce que ce sont les employés de ces commerces et autres travailleurs qui occupent les cases à proximité. Cela est notoire, particulièrement chez nous. C’est un problème qu’on n’arrive pas à régler, mais auquel les mesures proposées s’attaquent directement, et dont elles pourraient enfin venir à bout cette fois. C’est la clé de l’essor des commerces au centre-ville. Bien sûr, les coûts de stationnement augmentent considérablement, mais cela va de pair avec l’efficacité et la modernisation du système et ne nous place pas en pire position que les autres municipalités comme nous modernes à cet égard.

Mais attention, les revenus supplémentaires générés ne doivent pas servir à développer les autres districts avec les sacrifices consentis par celui-ci : les grands stationnements gratuits deviendront encore plus gravement insuffisants (ils le sont déjà, c’est l’évidence même) et il faudra trouver coûte que coûte le moyen d’ajouter des centaines et des centaines de cases. Qu’on le veuille ou non, les revenus supplémentaires anticipés sont, quant à eux, déjà « casés »…

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