16 novembre 2017
carte blanche
Le Balrog
Par: Christian Vanasse

15 000 scientifiques lancent un cri d’alarme : la planète court à sa perte. Et par planète on sous-entend forcément ses habitants. 

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En fait, c’est un deuxième cri. Déjà, en 1992, 1700 prix Nobels s’étaient unis pour nous alerter… de ce qui est exactement en train d’arriver. Certains diront : bon, encore des maudits alarmistes! Avec l’air du gars qui, en voyant le feu sortir du toit de sa maison, se dit : bon, encore le maudit détecteur à fumée! Mais l’exemple n’est pas bon puisque si la maison brûle, tu peux rester en vie. À condition de ne pas être dans la maison en même temps que le feu, évidemment. Mais la planète? Je ne vois pas trop où tu pourrais te cacher.
Quand même, la disparition de l’espèce humaine. Je pensais que ça allait faire les manchettes. Mais critiquer le linge de Safia Nolin, discuter de la nudité dans les vestiaires à Brossard ou dans les coulisses des festivals d’humour jusqu’à la mystérieuse blessure dans le haut/milieu/bas du corps de Carey Price… y a tellement de sujets plus importants que notre propre extinction.
On est si docilement divertis par tous nos écrans qu’on ne voit plus le réel. Comme foncer vers un ravin en char et texter son garagiste pour changer ses pneus d’hiver.
Il faut se réveiller, se relever la tête et freiner. Se revirer de bord et lancer d’une voix forte à la face des Trudeau et Couillard qui veulent passer des pipelines, driller le Saint-Laurent et offrir nos terres aux gazières : VOUS NE PASSEREZ PAS!
C’est ce qu’avait dit Gandalf au Balrog dans Le Seigneur des Anneaux. Et vous savez ce qui est arrivé du Balrog. Je sais, c’est un film, mais si la science ne nous émeut plus, peut être que la fiction y arrivera.

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