19 janvier 2017
Refonte du site web de Saint-Hyacinthe
Le bogue maskoutain
Par: Martin Bourassa

La grande région de Saint-Hyacinthe est peut-être une terre d’innovation comme le véhicule son image de marque, mais elle a encore des croûtes à manger en matière d’innovation informatique. 

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C’est le message qu’envoie la Ville de Saint-Hyacinthe en s’associant délibérément à une firme de Montréal pour planifier la refonte de son site Internet municipal. Comme nous l’écrivions en manchette la semaine dernière, la municipalité a sollicité trois firmes, toutes de l’extérieur. On parle de deux entreprises de Montréal et une de Québec. 

Raison officielle : la nécessité de faire affaire avec une boite qui possède une solide expertise dans le domaine des sites Internet municipaux. Comme si la mise à jour d’un site web municipal était quelque chose d’inusité qui commandait une expertise plus pointue que la mise à jour d’un autre site. Comme si les entreprises du domaine des communications de Saint-Hyacinthe étaient incapables de saisir les subtilités de cette refonte et tout ce qu’elle implique. 

On me dit que certains élus auraient manifesté leur malaise face à l’octroi de ce contrat, mais pas tant en raison du choix de la firme retenue que par rapport au montant total de cette refonte estimée à 130 000 $. C’est cinq fois le budget de la refonte de 2009 en passant.

À vue de nez, ce montant semble appréciable dans la mesure où une bonne partie du travail est déjà fait. Il est question de mettre à jour un site qui visuellement paraît encore bien et qui fait correctement ce qu’il a à faire, c’est-à-dire servir de vitrine à la Ville en rassemblant toute l’information pertinente se rapportant aux affaires municipales et à la vie communautaire. Mais bon, en matière de dépense pour une refonte de site web municipal, on trouvera pire si on se donne la peine de chercher. 

Tenez, Lévis a dépensé plus de 500 000 $ pour rénover son site il y a quatre ans, si l’on se fie au quotidien Le Soleil. L’une des firmes impliquées dans ce contrat, à savoir la firme Libéo, a d’ailleurs été invitée à soumissionner par la Ville de Saint-Hyacinthe.

Au moment où l’on s’interroge sur les façons de faire de Saint-Hyacinthe en matière d’appels d’offres avec la biométhanisation, sa façon de procéder pour sa refonte web soulève elle aussi sa part de questions. En fractionnant une dépense de 130 000 $, la Ville a pu inviter trois firmes de son choix à soumissionner, plutôt que d’être prise avec le plus bas soumissionnaire conforme au terme d’un appel d’offres public. 

Elle pourra faire de même pour la partie principale du contrat. Cette seconde firme sera d’ailleurs supervisée et recommandée par la première. Ça aussi c’est assez particulier merci.

À la Ville, on assure que les entreprises de Saint-Hyacinthe auront le privilège d’être invitées pour la seconde partie du contrat « si des entreprises locales sont en mesure de nous fournir les services professionnels de conception demandés, en fonction du cahier de charge qui sera produit ». C’est inquiétant comme réponse puisqu’il est très facile « d’arranger » un cahier de charges pour écarter qui on veut. 

Il suffirait par exemple de dire que la firme retenue doit avoir à son actif plus de cinq conceptions ou mises à jour de sites municipaux pour écarter l’ensemble des joueurs maskoutains. 

Disons qu’un engagement plus ferme envers les firmes d’ici aurait été apprécié, car si cette refonte n’a aucune retombée locale, ce sera vraiment honteux.

Nous sommes d’avis que la Ville de Saint-Hyacinthe a l’obligation morale d’encourager autant que possible, et dans les limites prescrites par la loi, les entreprises de Saint-Hyacinthe. On ne peut pas déchirer sa chemise quand la Ville engage un employé qui réside à l’extérieur du territoire et se fermer la trappe quand cette même ville lève le nez sciemment sur des entreprises de chez nous qui ne demandent qu’à relever un défi à leur portée. 

On se souviendra par ailleurs que nos décideurs maskoutains n’ont pas priorisé le savoir-faire local au moment de se donner une nouvelle image de marque. Ils avaient confié ce mandat à la firme montréalaise lg2 et personne ne va croire qu’ils ont frappé un coup de circuit avec ça. Même lg2 semble de cet avis puisque nulle part sur son site Internet on ne retrouve la trace du travail effectué dans notre région. 

Ce sera peut-être ajouté quand lg2 procèdera à la refonte de son propre site web.

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