25 juin 2015
Le bonnet d’âne aux employés de soutien
Par: Martin Bourassa
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Difficile à croire peut-être, mais les mots me manquent parfois.

Comme au moment de traduire ce que j’ai ressenti quand j’ai appris que des dizaines d’employés de soutien de la Commission scolaire de Saint-Hyacinthe s’étaient rendus manifester devant le domicile du président de la CSSH, Richard Flibotte. Un moyen de pression « créatif et inventif » a justifié le syndicat.

Manque de classe et de jugement, si vous voulez le fond de ma pensée. Déplacée, ridicule et inutile comme manoeuvre syndicale par dessus le marché. De l’intimidation de bas étage fait par des gens qui au quotidien devrait travailler à l’enrayer.

À la place des participants, je ne serais pas gêné, je serais honteux.

On répliquera sans doute qu’il n’y a aucune honte à défendre et faire valoir ses droits. C’est vrai, mais pas n’importe où et pas n’importe comment. Certainement pas un samedi matin devant le domicile personnel d’un président de commission scolaire, un homme qui a l’éducation à coeur. « Oui, mais il a pris position en faveur du gouvernement et refuse de dénoncer les piètres offres patronales faites aux syndiqués dans le renouvellement de leur convention collective. » Pis après?

Richard Flibotte est-il en position de force face au gouvernement? A-t-il quelque chose à dire dans le traitement qu’il faudrait accorder ou pas aux enseignants, aux professionnels et aux employés de soutien des écoles? On a décidément ciblé la mauvaise personne et commis un impair en se rendant manifester devant sa maison. On a personnalisé un conflit qui n’a strictement rien de local.

Les employés réclament une augmentation salariale de 13,5 % sur trois ans; le gouvernement offre 3 % sur cinq ans. Bon, on convient que l’offre aurait de quoi insulter n’importe quel travailleur, qu’il soit syndiqué ou pas.

Mais réclamer 13,5 % sur trois ans comme le font les salariés de l’État est tout aussi insultant pour nombre de salariés qui n’ont pas le luxe de travailler pour le gouvernement et de prendre un samedi pour aller écoeurer un président et sa famille.

Pour la créativité et le caractère inventif du geste, on repassera.

Le bonnet d’âne va au syndicat des employés de soutien de la CSSH.

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