7 juillet 2011
Mercedes-Benz SLK 2012
Le bourgeois gentilhomme
Par: Marc Bouchard

(Jasper, Alberta) Tout le monde connaît le classique de Molière, le Bourgeois gentilhomme, où un nouveau riche tente de devenir aussi bourgeois que la classe aisée l’a toujours été. Avec, évidemment, de nombreuses difficultés. C’est un peu la sensation que procure la SLK, non pas en terme de bourgeoisie, mais en terme de sportivité.

Publicité
Activer le son

Bien sûr, la version essayée est la 350, qui n’est ni la plus petite, ni surtout la plus imposante d’entre toutes. Elle se contente d’être au milieu et malgré des qualités impossibles à négliger, il lui manque encore quelques détails… du moins si je voulais une voiture grand sport. Mais rappelons que la SLK a toujours misé davantage sur son côté confortable et gentil, ce qu’elle propose mieux que jamais en 2012.

Comme ses soeurs

La Mercedes-Benz SLK 2012 a subi une cure totale de jouvence. On l’a revampée dans tous ses aspects, et surtout en matière esthétique. Celle que l’on accusait d’être un peu trop féminine dans le style prend dorénavant un tournant tout masculin.

Ainsi, la calandre reprend la forme et le format de la SLS, avec la gigantesque étoile au centre de la grille. Toutes les courbes de l’ancienne génération ont cédé la place à des arêtes plus anguleuses, plus musclées. Et parce que nous sommes au Canada, nous profitons de l’ensemble aérodynamique AMG, optionnel dans les autres marchés de la planète.Et bien entendu, le double échappement est toujours de mise, même si la sonorité la plus imposante devra attendre la version AMG prévue au printemps prochain.Dans l’habitacle, on reprend le style tout Mercedes-Benz (dont le célèbre régulateur de vitesse localisé au même endroit que les clignotants traditionnels et qui me fait toujours rager), incluant le raffinement et le design de style. Rien à reprocher à cette nouvelle SLK de ce point de vue puisque même le confort des sièges a été totalement repensé et n’a jamais posé le moindre problème tout au long des quelque 750 kilomètres parcourus soit comme conducteur, soit comme passager.Quelques détails de design retiennent cependant l’attention. C’est le cas du toit, rétractable en quelque 20 secondes à peine et presque entièrement transparent. La vitesse d’exécution est intéressante quand comme nous, quelques chèvres des montagnes ou un ours noir se dirigent allègrement vers votre voiture stationnée en bordure de la route! Mieux encore cependant, le toit entièrement vitré offre une bonne protection même en plein soleil. Et ceux qui seront patients, et un peu plus généreux, pourront profiter du Magic Sky, un toit vitré qui devient opaque ou transparent sur simple pression d’un bouton, grâce à une impulsion électrique. Il faudra cependant consentir quelques milliers de dollars supplémentaires pour s’en prévaloir.Autre détail, moins réussi cette fois : la présence d’un écran anti turbulence à l’arrière des sièges. Il est normalement nécessaire d’installer un tel écran, mais cette fois, Mercedes-Benz l’a intégré sous forme de plastique transparent, derrière l’appuie-tête. Un écran que l’on peut manier d’une seule main, mais qui, une fois en place, donne une drôle d’impression en matière de visibilité, déformant la route à travers sa transparence.

La route des Rocheuses

C’est sur la spectaculaire route des Rocheuses, entre Calgary et Jasper, au pied des glaciers et du Lac Louise, que la SLK a pu se faire valoir. Notre version d’essai, la 350 (une 4 cylindres et une AMG seront lancées le printemps prochain) dispose d’un moteur de 302 chevaux, bien suffisant pour se déplacer avec un certain enthousiasme.

Il éprouve en revanche quelques difficultés dans les côtes les plus abruptes. Dans les faits, l’impression provient plutôt de la boîte de vitesse, la 7-G tronic plus, qui tarde à enclencher le bon rapport et qui laisse se prolonger des accélérations (ou des décélérations) anémiques. Il faut manier les leviers derrière le volant pour en tirer le maximum.Et notre voiture d’essai, une des quinze Édition 1 qui seront offertes, n’avait pas non plus les suspensions les mieux adaptées, offrant quelques rebondissements impromptus même en mode sport et rendant la partie arrière un peu capricieuse. Mais à la décharge de Mercedes-Benz, notons qu’il s’agissait d’un modèle de début de production.Quant à la maniabilité, elle est presque sans reproche. Bien sûr, on ne peut comparer la SLK à d’autres grandes sportives allemandes, mais elle a grandement satisfait le baby-boomer qui sommeille en moi. Et avouons-le, quoi de mieux que de rouler toit baissé, malgré un frisquet 11 degrés, tout en profitant de la beauté du paysage des Rocheuses et du petit filet d’air chaud appelé AirScarf que l’on nous projette dans le cou avec la SLK?La nouvelle Mercedes-Benz SLK est sans conteste un roadster tout à fait capable, et confortable comme peu le sont. Mais pas aussi sportif que la silhouette le laisse présager. Et puis?

Forces :

– Design unique- Magic Sky- Technologies abondantes

Faiblesses :

– Prix- Conduite plus bourgeoise- Suspensions arrière

Fiche technique :

Moteur : V6 3.5L Puissance (ch@tr/min) : 3: 02 @ 6500 Couple (lb.pi@tr/min) : 273 @ 3500 Roues motrices : ArrièreTransmission : Automatique à 7 rapports Freins : Disques aux 4 roues Prix : 66 500 $Prix du modèle essayé : 75 900 $Consommation : 8,2 l aux 100 km (combiné)

image