13 octobre 2011
« Le Canada est la première étape de l’implantation du Groupe Bonduelle en Amérique du Nord »
Par: Jean-Luc Lorry

L’acquisition d’Aliments Carrière en juillet 2007 semble avoir été une opportunité d’affaires unique pour permettre l’enracinement en sol nord-américain du Groupe Bonduelle, le chef de file mondial dans la transformation de légumes.

L’un des principaux actionnaires de cette multinationale française, Jérôme Bonduelle, qui dirige les activités nord-américaines du groupe, a reçu LE COURRIER dans les bureaux de direction de l’usine Bonduelle basée à Saint-Denis-sur-Richelieu.

Le directeur général de Bonduelle Amérique du Nord tire un bilan positif des activités de son entreprise et principalement de celles de l’usine de Saint-Denis-sur-Richelieu, spécialisée dans les aliments en conserve. « C’est une usine en croissance. Depuis cinq ans, les volumes ont augmenté de 25 %. Pour pallier le ralentissement de la production pendant les mois d’hiver, nous avons ajouté des produits hors saison comme les sauces et les soupes », indique Jérôme Bonduelle.« Ces volumes additionnels nous permettent d’absorber les frais fixes et de devenir plus compétitif. Ce fût un axe stratégique des Aliments Carrières et de Bonduelle. On espère que la croissance de cette usine continuera essentiellement par la diversification » poursuit le dirigeant.L’usine de Saint-Denis-sur-Richelieu emploie 250 personnes et se définit comme une conserverie spécialisée dans la mise en boîte de légumes comme les petits pois et le maïs en grains.

Les États-Unis dans la mire

Bonduelle Amérique du Nord regroupe sept usines au Canada, dont quatre au Québec et trois en Ontario.

La filiale nord-américaine réalise 70 % de son chiffre d’affaires au Canada et 30 % aux États-Unis, principalement par la commercialisation de légumes surgelés (usine de Bedford et de Sainte-Martine).L’appétit de Bonduelle en Amérique du Nord ne se limite pas à vendre des produits préparés au Canada destinés au marché américain. « Le Canada est la première étape de l’implantation du Groupe Bonduelle en Amérique du Nord. Nous avons l’ambition un jour d’être présent aux États-Unis », espère Jérôme Bonduelle. Actuellement, le Groupe Bonduelle poursuit son développement en Russie et au Brésil. La vigueur du huard comparée au dollar américain a donné quelques sueurs froides aux dirigeants de Bonduelle. « Nous avons souffert pendant deux ans. En plus, la parité de la monnaie canadienne avec le dollar américain accroît la concurrence en vue de gagner des parts de marché auprès des chaînes d’épiceries au Canada », souligne M. Bonduelle. Pour fournir ses usines en légumes, Bonduelle fait affaire avec 450 producteurs agricoles au Québec. Cette année, les conditions météorologiques ont été catastrophiques pour la culture du petit pois, un produit phare de Bonduelle. « Je n’ai jamais connu une année aussi difficile pour le petit pois. Il manquera des petits pois en boîte sur les tablettes des épiceries au printemps prochain », prédit M. Bonduelle.Fondée en 1853, l’entreprise familiale est dirigée aujourd’hui par la sixième génération de Bonduelle. Présente dans 80 pays, la multinationale emploie à travers la planète 10 000 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 2,4 milliards de dollars. « Entre les générations, nous avons réussi à nous passer le flambeau en évitant les chicanes et j’espère que cela va continuer », de conclure Jérôme Bonduelle.

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