14 juillet 2011
Le capitaine et ses matelots
Par: Martin Bourassa

Vivement les vacances, plusieurs en ont grandement besoin. Je pense à tous ceux et celles qui se sont excités ces derniers jours autour de la démolition de la porte de l’Expo et de la Maison Casimir Dessaulles à Saint-Hyacinthe.

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Vivement les vacances, plusieurs en ont grandement besoin. Je pense à tous ceux et celles qui se sont excités ces derniers jours autour de la démolition de la porte de l’Expo et de la Maison Casimir Dessaulles à Saint-Hyacinthe.

Sous le coup de la déception et peut-être de la frustration, il s’est dit, et écrit forcément, des énormités. Je retiens celle-ci de l’arrière-petite-fille de Georges-Casimir Dessaulles. « Le maire Claude Bernier n’a aucune conscience de la valeur patrimoniale de sa ville. Il est en train de la détruire (…) L’histoire va se souvenir de ce qu’il a laissé être fait. » Disons que le maire Claude Bernier a passé dans le tordeur et a reçu sa large part de critiques, plus ou moins méritées ces dernières semaines.Vrai qu’il est une cible de choix, c’est le maire de la Ville après tout. Normal qu’on canalise vers lui toutes les critiques envers l’administration municipale.Sauf qu’on oublie qu’il n’est pas seul dans le bateau. Il en est le capitaine soit, mais les matelots, lire les conseillers, ont quand même accès au gouvernail. Ensemble, ils ont le pouvoir de changer de cap si le capitaine fait fausse route. On l’a vu à quelques reprises depuis l’élection de novembre 2009. Le maire Bernier n’a plus la même emprise que jadis sur son conseil. Celui-ci est plus imprévisible et va parfois à contre-courant.On l’a vu entre autres avec l’adoption du budget 2010, lors du dossier des primes de transition et récemment dans le dossier du prolongement du boulevard Casavant. Une majorité de conseillers a ainsi forcé le maire et l’administration tout entière à rouvrir le dossier et à entrevoir la construction d’un tunnel, une option qui irrite vous savez qui si vous suivez le moindrement les séances du conseil.Ce conseil peut prendre des allures de girouette et changer de direction selon le vent. Et il arrive que notre maire manque de souffle. Et c’est tant mieux, car cela colore les assemblées et nous protège des dérives dictatoriales d’un one man show.Tout cela pour dire que le maire Bernier ne partage pas seul la responsabilité et l’odieux des démolitions de l’arche de l’Expo et de la Maison Dessaulles. Une majorité de conseillers a endossé la décision de détruire l’arche et de ne pas investir dans le sauvetage de la vénérable demeure. C’est ironique comme situation, mais le maire est en quelque sorte la victime d’une situation qu’il contribue lui-même à alimenter, et ce, depuis des années puisque les votes et les discussions à bâtons rompus se déroulent presque toujours en comités pléniers. On ne sait pas vraiment qui pense quoi, mais on retient le résultat que l’on attribue forcément au maire.Une façon de faire qui sert très mal le principal intéressé comme en témoigne le courrier des lecteurs. Ce n’est pas mieux pour les conseillers qui pensent autrement et qui ne peuvent tirer profit politiquement de leur dissidence. Pour certains, c’est le maire le gros méchant et pour les autres c’est l’ensemble du conseil qui est à blâmer. Dans les deux cas, ce n’est pas conforme à la réalité. Il serait quand même plus facile de viser les bonnes cibles si les débats se faisaient et les décisions se prenaient à visage découvert devant public à Saint-Hyacinthe. Beau fantasme n’est-ce pas?

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