29 octobre 2015
Dossier E.T. Corset
Le caractère patrimonial y était
Par: Benoit Lapierre
Le caractère patrimonial y était

Le caractère patrimonial y était

Au plan patrimonial, la E.T. Corset n’était pas dénuée d’intérêt, selon le MCCQ. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Au plan patrimonial, la E.T. Corset n’était pas dénuée d’intérêt, selon le MCCQ. Photo Robert Gosselin | Le Courrier ©

Au moment où s’achevait la démolition de la vieille manufacture E.T. Corset, au coin des rues Delorme et Laframboise, le gouvernement informait par courrier la Ville de Saint-Hyacinthe que ce ­bâtiment industriel érigé en 1892, sans se démarquer à l’échelle nationale, s’avérait cependant significatif au plan du patrimoine local et régional.

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« Nous reconnaissons un intérêt patrimonial à cet immeuble associé à l’histoire du développement industriel de Saint-­Hyacinthe. Occupé par la compagnie ­Eastern Townships Corset pendant près de 100 ans, il revêt un intérêt pour la ­localité et la région. Toutefois, d’autres compagnies originaires de Saint-Hyacinthe se sont démarquées davantage sur le plan national, dont celle des orgues Casavant Frères », indiquait la directrice régionale du ministère de la Culture et des Communications du Québec (MCCQ) pour la Montérégie, Annie Goudreault, dans une lettre datée du 29 septembre qui est parvenue à la Ville le 2 octobre.

De la E.T. Corset, il ne restait alors qu’un tas de ruines, de même que sa ­tourelle d’origine entreposée en retrait sur le site. Celle-ci devra être restaurée et ajoutée au bâtiment de remplacement, selon une condition posée par la Ville au moment d’autoriser la délivrance du permis de démolition.

L’intervention du MCCQ découlait d’une demande que lui avait fait parvenir au début d’août Marie-France ­Daigneault-Bouchard, une Maskoutaine diplômée en architecture qui bataillait depuis des semaines pour protéger la E.T. Corset.

Cherchant un ultime moyen de sauver de la démolition la plus âgée des ­anciennes manufactures de Saint-­Hyacinthe, Mme Daigneault-Bouchard proposait que la E.T. Corset soit classée et protégée en vertu de la Loi sur les biens culturels.

La directrice régionale du MCCQ avait d’abord écrit à la Ville de Saint-Hyacinthe le 17 août pour l’informer qu’une proposition de classement de la E.T. Corset avait été présentée. Puis, dans sa seconde lettre, elle avait avisé Lynda Cadorette, de la Division de la planification du Service de l’urbanisme, que l’analyse de cette proposition était terminée et qu’elle n’avait pas été retenue. La Ville a pris ­l’initiative de transmettre copie de cette lettre au COURRIER.

« L’ancien édifice de la compagnie ­Eastern Townships Corset est représentatif, notamment par son architecture en briques rouges et sa volumétrie, des bâtiments industriels érigés à la fin du XlXe siècle. Cependant, d’autres exemples de bâtiments industriels, plus significatifs à l’échelle du Québec et mieux conservés, sont connus et protégés en vertu de la Loi sur le ­patrimoine culturel », concluait Annie Goudreault.Marie-France Daigneault-Bouchard ne s’attendait pas à un miracle, mais elle ­aurait quand même souhaité que la ­réponse du Ministère survienne un peu plus tôt, étant donné la valeur patrimoniale qu’il a tout de même reconnue à la E.T. Corset. « C’est sûr que j’aurais préféré que ça arrive plus rapidement, mais ­enfin, ils sont allés sur place, et ils ont aussi vu Les Orgues canadiennes, qui

Marie-France Daigneault-Bouchard ne s’attendait pas à un miracle, mais elle ­aurait quand même souhaité que la ­réponse du Ministère survienne un peu plus tôt, étant donné la valeur patrimoniale qu’il a tout de même reconnue à la E.T. Corset. « C’est sûr que j’aurais préféré que ça arrive plus rapidement, mais ­enfin, ils sont allés sur place, et ils ont aussi vu Les Orgues canadiennes, qui restent pour eux un bâtiment intéressant », a-t-elle commenté.

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