12 septembre 2019
Le Cégep se prépare à faire face à une nouvelle vague de croissance
Par: Rémi Léonard

Il s’agit de la deuxième rentrée automnale pour Emmanuel Montini en tant que directeur général du Cégep de Saint-Hyacinthe. Photothèque | Le Courrier ©

La plupart des cégeps en région doivent constamment faire face à la possibilité d’une baisse du nombre d’étudiants. C’est tout le contraire au Cégep de Saint-Hyacinthe, pour qui le défi est plutôt de gérer l’abondance.

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Encore cette année, le nombre d’inscriptions s’est avéré en hausse de 7 %, alors que les prévisions pointaient plutôt vers une légère baisse d’un point de pourcentage, a précisé en entrevue le directeur général Emmanuel Montini. Évidemment, toutes les inscriptions ne se concrétisent pas en étudiants réels – le chiffre officiel n’est d’ailleurs pas encore arrêté – mais tout indique que le cégep pourrait compter autour de 4500 étudiants à la session d’automne, un nombre record, a indiqué M. Montini, qui y voit une preuve de l’attractivité de son établissement. Sa position géographique, en périphérie de la couronne sud de Montréal, joue également en sa faveur.

Sauf que d’ici trois ou quatre ans, l’augmentation du nombre d’étudiants qui arrivera au niveau collégial sera encore plus substantielle, tellement qu’il s’agira d’un sérieux défi d’organisation. « Il va falloir repenser nos façons de faire. On ne pourra pas accueillir tous ces étudiants avec le même nombre de locaux et de personnel qu’en ce moment », a commenté le DG, qui souhaite déjà préparer le Cégep à cette nouvelle vague de croissance. À voir les enjeux d’espace actuels au secondaire – un projet d’agrandissement (800 places) de l’école Casavant dans le Séminaire vient d’obtenir le feu vert de Québec – on comprend que la situation suivra inévitablement au collégial d’ici peu de temps.

Pour M. Montini, le défi sera alors de « maintenir la qualité des services » malgré cette hausse, qui sera de l’ordre de 25 à 35 %, selon les estimations. L’objectif sera d’autant plus crucial dans un contexte où la proportion d’étudiants qui nécessitent des besoins particuliers va en augmentant, a ajouté le DG. C’est pourquoi la plus récente annonce de financement de 2,7 M$ est particulièrement la bienvenue au Cégep, même si une partie doit avant tout servir à couvrir des hausses salariales consenties par le gouvernement aux enseignants.

Pénurie comme tout le monde

Questionné à savoir si la pénurie de main-d’œuvre est aussi un enjeu pour le cégep, M. Montini a tout de suite répondu par l’affirmative, disant même que le phénomène risquait de prendre de l’ampleur dans les prochaines années. Dans l’immédiat, des postes de techniciens en informatique sont particulièrement difficiles à combler, même si le problème est généralisé. En tant qu’institution d’enseignement, le Cégep de Saint-Hyacinthe se retrouve par ailleurs dans la situation paradoxale où il doit à la fois tenter de régler la pénurie de main-d’œuvre des autres, par exemple à travers la formation continue, dont certains volets sont davantage axés sur les besoins du marché du travail, en plus de devoir s’occuper de sa propre pénurie, a illustré le DG. Comme les salaires sont fixés par le gouvernement, l’établissement doit plutôt s’efforcer de « rendre l’environnement de travail encore plus intéressant » pour attirer les travailleurs, a-t-il avancé.

À sa deuxième rentrée automnale en tant que DG, M. Montini a jugé que cette dernière s’est déroulée « tout en douceur » comparativement à l’an dernier alors qu’une panne de courant avait forcé l’annulation de la toute première journée de classe, en août 2018.

Nouveautés à venir

Parmi l’offre de programmes du Cégep, une nouvelle option a fait son apparition cette année en études préuniversitaires en Arts, lettres et communications (DEC). Cette option Langues vise à parfaire la connaissance de l’anglais et de l’espagnol chez l’étudiant, en plus d’être le seul cégep à offrir une introduction à l’arabe dans sa formation obligatoire. C’est évidemment sans compter le français, qui est déjà inclus dans la formation générale. Le programme propose également des cours sur les cultures entourant les langues étudiées. À plus long terme, le Cégep de Saint-Hyacinthe souhaite aussi se positionner avantageusement pour offrir un nouveau programme axé sur l’intelligence artificielle.

Pour l’année en cours, il se pourrait qu’on réentende bientôt parler du Quartier des études supérieures, une vision mise de l’avant à quelques reprises par le maire Claude Corbeil dans les dernières années, mais qui s’est concrétisée en peu de retombées concrètes jusqu’à maintenant. Or, de nouveaux projets dans ce créneau devraient être annoncées d’ici la fin de l’année, a avancé Emmanuel Montini, sans détailler de quoi il s’agissait par respect pour les autres partenaires. Les représentants du Cégep, de l’ITA, de la Faculté de médecine vétérinaire, de la municipalité et de Saint-Hyacinthe Technopole se rencontrent fréquemment à ce sujet, a-t-il indiqué.

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