10 mai 2012
Les organismes culturels relogés à la Métairie
Le centre-ville contre-attaque
Par: Le Courrier

Les défenseurs du centre-ville de Saint-Hyacinthe ne lâchent pas prise dans le dossier des organismes culturels. Ils ont envahi la salle du conseil municipal lundi soir pour tenter de renverser la vapeur et empêcher que ces organismes logeant au vieux Centre culturel se retrouvent éventuellement dans l’ancien couvent de La Métairie, que la Ville a récemment acquis du Groupe Robin.

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Ils y étaient allés d’une première grande sortie en avril, après avoir été informés du refus de la Ville de discuter avec eux d’une autre solution, celle de loger les organismes culturels au Centre des arts Juliette-Lassonde, au coeur du centre-ville. C’était l’idée de départ, a rappelé lundi Simon Cusson, directeur de la Société de développement commercial du centre-ville (SDC), en ouvrant le débat à la période des questions. «Il s’avère que les élus ont dérogé au plan initial pour des raisons jugées injustifiables aux yeux de plusieurs », a-t-il lancé.

La vice-présidente de la SDC, Manon Robert, a ensuite insisté sur le fait que le projet de la Métairie allait à l’encontre de tous les efforts de la SDC pour faire du centre-ville un secteur commercial prospère, « intégrant harmonieusement une vie culturelle riche et stimulante ».Parlant au nom des tenanciers de restaurants et de bars du centre-ville, le trésorier de l’organisme et propriétaire de la brasserie artisanale Le Bilboquet, François Grisé, a affirmé que la réalisation de la phase I du Centre des arts Juliette-Lassonde s’était avérée « une véritable bouffée de fraîcheur » pour le centre-ville, y favorisant l’éclosion de restaurants, de cafés, de boutiques spécialisées dans la musique, et même d’une autre salle de spectacle. Il estime donc que l’arrivée des organismes culturels au centre-ville serait un autre bienfait pour le secteur. « Générer de l’affluence devant et dans nos commerces est capital », a-t-il insisté.Yves Morier, un ex-juge de la Cour supérieure qui s’adonne à la peinture autour du Marché-centre durant l’été, a lui aussi prêché en faveur de la réalisation d’une phase II du Centre des arts pour répondre aux besoins des organismes culturels et à ceux du centre-ville. « J’implore nos représentants de réviser leur position », a lancé M. Morier. Le président du conseil d’administration du Centre des arts, Pierre Solis, croit aussi que l’arrivée des organismes près du Centre des arts doterait le centre-ville d’un environnement culturel fort. « Tout ça permettrait aux organismes de profiter d’équipements professionnels déjà en place. Il serait tellement intéressant d’avoir une telle zone culturelle. Ce serait un levier économique important pour un centre-ville qui en a bien besoin », a-t-il fait valoir.Quant au président de la SDC, Pierre Bienvenue, il a dit déplorer le refus de la Ville de dialoguer dans ce dossier. « Les derniers mois ont été très difficiles entre la Ville et la SDC, voire même entre la Ville et le Centre des arts. Nous tentons de comprendre ce repli de la Ville, nous tentons de comprendre pourquoi notre traditionnelle collaboration est tout à coup mise de côté (…). Mais il n’est pas trop tard pour faire marche arrière. Le Centre culturel peut tenir le coup encore un temps, le temps nécessaire pour rétablir la communication et voir ensemble la meilleure solution. M. le maire, au nom des commerçants et professionnels du centre-ville, je vous tends la main. Je vous le demande bien candidement : Souhaitez-vous oui ou non reconsidérer la relocalisation des organismes culturels tel que prévu au départ, soit au centre-ville de Saint-Hyacinthe? », a-t-il conclu, sous les applaudissements.

Faire le point

Même s’il lui a rappelé que les décisions dans ce dossier ont été prises en 2011, le maire, Claude Bernier, n’a pas fait perdre tout espoir aux gens du centre-ville. « Les élus ont écouté vos commentaires et ils en prennent bonne note. Nous allons y revenir pour faire le point sur ce qu’on a entendu », a répond M. Bernier.

Chez les conseillers, Sylvie Adam et André Beauregard ont réitéré leur opposition à l’option Métairie pour les organismes culturels. « Je me suis permis d’applaudir avec les gens de la salle parce que je les appuie », a commenté André Beauregard, qui a dit craindre un dérapage financier dans le dossier La Métairie.Mais les neuf autres conseillers sont demeurés sur leur position. « Je précise que les gens de La Providence font partie des plus grands consommateurs du centre-ville. Pourquoi? Parce que c’est proche. La Métairie, ce n’est pas la Sibérie », a soutenu le représentant du district La Providence, Bernard Barré, grand partisan du projet la Métairie.

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