1 mars 2012
Frais de scolarité
Le choc annoncé
Par: Martin Bourassa

Les étudiants du Québec ont déterré la hache de guerre et l’on ne sait pas encore si ceux du Cégep de Saint-Hyacinthe emboîteront le pas à leurs camarades qui manifestent contre la hausse des frais de scolarité. La hausse et non le dégel puisqu’en réalité les frais ne sont plus congelés dans la belle province.

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Les étudiants du Québec ont déterré la hache de guerre et l’on ne sait pas encore si ceux du Cégep de Saint-Hyacinthe emboîteront le pas à leurs camarades qui manifestent contre la hausse des frais de scolarité. La hausse et non le dégel puisqu’en réalité les frais ne sont plus congelés dans la belle province.

Concrètement, Québec a annoncé ses couleurs il y a un an déjà en décrétant dès 2012 une hausse de 325 $ par année pendant cinq ans, soit une hausse des frais de scolarité de 1 625 $ d’ici 2017. À ce moment, les frais de scolarité annuels devraient être de 3 793 $, peu importe la discipline universitaire à l’étude.Pour le gouvernement, cet effort demandé aux étudiants est vu comme une juste part dans le financement des études supérieures. Pour ceux qui subissent cette hausse, c’est une hausse drastique qui heurte de plein fouet les étudiants et les familles à faibles et moyens revenus. Bref, un dialogue de sourds est engagé.La réalité semble quelque part entre ces deux positions.On ne peut nier que la commande gouvernementale est costaude, compte tenu du gel passé qui a été appliqué par nombre de gouvernements successifs. On se dit qu’une indexation annuelle aurait permis d’éviter ce soudain rattrapage.En revanche, on se dit qu’un meilleur contrôle des dépenses dans les universités [et les cégeps], une reddition de comptes et des normes de gouvernance plus rigoureuses dans les institutions auraient certainement contribué à réduire les besoins d’investissements dans le réseau. À mon sens, il reste encore du chemin à faire pour éduquer les administrateurs scolaires et accroître leur imputabilité.Je trouve d’ailleurs les étudiants bien passifs, peu éveillés dans ce domaine.Ils sont peut-être prompts à voter pour la grève et à remplir les autobus quand il est question de manifester contre la hausse des frais, mais sur le terrain, lors des réunions de conseils d’administration par exemple, combien sont-ils à se soucier de ce que fait au quotidien leur collège et leur université de leur argent, de notre argent? Qui questionne les dépenses, petites et grandes, de nos cégeps et de nos universités?Le problème des étudiants, c’est qu’ils ne jouissent pas d’un énorme capital de sympathie. Même que celui-ci a tendance à s’effriter au rythme de leurs manifestations.Ce n’est pas en bloquant des ponts, en cassant des vitres ou en feignant de mourir devant l’Assemblée nationale qu’ils gagneront des points dans l’opinion publique.Notre sondage Internet de la semaine dernière démontre à quel point ils partent avec deux prises face au gouvernement. À un certain moment mardi, 84 % des quelque 325 répondants disaient n’éprouver aucune sympathie pour leur cause.Dommage, car elle est pourtant juste et noble, dans la mesure où il faut se préoccuper de l’accessibilité aux études supérieures. Il en va de l’intérêt du Québec et de notre intérêt à tous. Il faut valoriser l’éducation et y mettre le prix collectivement.Et graduellement aurais-je envie d’ajouter.

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