2 janvier 2020
Comment je suis devenu musulman
Le choc des religions traité avec humour
Par: Maxime Prévost Durand

La pièce Comment je suis devenu musulman met en vedette les comédiens Jean-François Pronovost, Sounia Balha et Nabila Ben Youssef. Photo Patrick Lamarche

L’auteur Simon Boudreault est toujours parti d’une vérité pour écrire ses pièces de théâtre, mais c’est d’autant plus vrai pour Comment je suis devenu musulman, dont la dernière représentation de la tournée se fera au Centre des arts Juliette-Lassonde le samedi 11 janvier. Inspirée directement de sa propre union conjugale, puis romancée pour le bien du spectacle, l’histoire aborde le choc des cultures et des religions avec humour et ouverture.

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« C’est la première fois que je pars de quelque chose d’aussi près de moi, reconnaît Simon Boudreault, dans un entretien téléphonique avec LE COURRIER. Mais dans ma vie, ça a été beaucoup plus simple que dans la pièce! »

Comment je suis devenu musulman met en scène le couple de Jean-François, issu d’une famille catholique, et de Mariam, de famille musulmane. Tous les deux se considèrent comme athées. Jamais toutefois, en trois ans d’union, Mariam n’a présenté son conjoint à ses parents, des Marocains encore très près de leur religion qui souhaitent que leur fille trouve un bon musulman. Mais quand celle-ci tombe enceinte, elle doit dévoiler son union à ses parents. Ils voudront qu’un mariage musulman soit organisé avant la naissance de l’enfant, une volonté qui entraînera un choc avec la famille de Jean-François, dont les parents sont des catholiques pratiquants.

« Dans la pièce, je m’amuse à mettre en parallèle les deux réalités, sans jugement, raconte l’auteur, qui signe également la mise en scène. Je voulais montrer les travers de tout le monde. Quand on reconnaît nos travers, on voit ceux des autres différemment. »

Simon Boudreault voulait ainsi laisser de côté les clichés et les préjugés que l’on peut avoir concernant les religions. « Dans les médias, on parle toujours de terrorisme et de crime d’honneur [quand il est question des religions]. J’avais simplement envie de parler de gens de la classe moyenne, qui ne sont pas dans la violence extrême. Oui, ils ont des convictions, mais il n’y a personne de criminel », lance-t-il.

La pièce est d’ailleurs abordée avec humour, même si elle amène à réfléchir. « Ma plus grande fierté, c’est ce que ça a suscité chez les gens. Au théâtre, on essaie toujours de susciter une certaine réflexion, de faire avancer les choses à petite échelle. Et par les témoignages que j’ai eus, la pièce a touché des gens d’origine, d’âge et de sexe différents. »

L’auteur voit d’ailleurs en la comédie un bon moyen d’arriver à ouvrir la discussion. « La comédie est un grand genre. Ça fait des années que je veux redonner ses lettres de noblesse à la comédie. Les gens pensent souvent que c’est juste du théâtre d’été, mais c’est plus que cela. En utilisant la comédie, ça devient un super outil pour aborder des sujets rébarbatifs. Le rire est une bonne porte pour parler des sujets qui vont toucher les gens. »

Après avoir été présentée pendant près de deux ans, la pièce sera jouée pour la dernière fois lors de son passage à Saint-Hyacinthe au Centre des arts Juliette-Lassonde le 11 janvier. Elle reprendra toutefois vie en Europe dès l’automne alors qu’une compagnie parisienne s’est intéressée au projet et s’est donné le mandat de monter une adaptation de la pièce. Une éventuelle œuvre cinématographique est également dans les plans au Québec pour Comment je suis devenu musulman.

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