9 mai 2013
Avenir de l'Hôtel des Seigneurs
Le CLD s’implique sans mandat public
Par: Jean-Luc Lorry

Le CLD Les Maskoutains semble avoir les coudées franches pour intervenir dans le conflit de travail à l’Hôtel des Seigneurs et pour agir comme intermédiaire dans le projet d’acquisition du Centre des congrès et d’expositions par la Ville de Saint-Hyacinthe.

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Cette corporation publique sans but lucratif ne dispose toutefois d’aucun mandat officiel accordé par la Ville de Saint-Hyacinthe ou par la MRC Les Maskoutains.

« La MRC n’est impliquée dans aucune discussion touchant le dossier du centre des congrès. Je ne suis au courant de rien. Le CLD a sûrement mis son conseil d’administration au parfum », indique Gabriel Michaud, directeur général de la MRC Les Maskoutains.Fin janvier, le CLD est intervenu pour la première fois publiquement dans le dossier du conflit de travail qui perdure depuis fin octobre. À deux reprises, sa direction avait convié les membres du comité de négociation CSN à participer à une rencontre organisée dans les bureaux de l’organisme situés rue Dessaulles. La première réunion consistait à sensibiliser la partie syndicale à l’impact majeur du conflit de travail sur l’économie maskoutaine. Une initiative qui avait été proposée par le conseiller municipal Donald Côté. « En début d’année, j’avais fait une suggestion au conseil d’administration du CLD à l’effet qu’il fallait rédiger une lettre à la partie syndicale et patronale pour leur signifier notre inquiétude par rapport au dossier. Ce qui a été fait », a indiqué M. Côté qui siège au comité exécutif du CLD depuis presque deux ans.Une lettre ouverte cosignée par le CLD et la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains avait été publiée dans les pages du COURRIER. Selon nos informations, l’objet de la seconde rencontre tenue une semaine après la première était confidentiel.Le CLD souhaitait cette fois remettre au comité de négociation un « avis juridique » demandant une renonciation aux droits syndicaux en cas de vente du centre des congrès. La partie syndicale avait refusé net cette proposition.Ce geste stratégique ne semble pas être venu aux oreilles des membres du comité exécutif du CLD puisque Donald Côté n’en était pas informé. « Je dois plaider ignorance sur ce fait, a répondu M. Côté. À ma connaissance, il n’y a eu aucun mandat de la Ville pour que le CLD négocie dans le dossier de l’Hôtel des Seigneurs. Si c’était le cas, cela devrait être approuvé par le conseil municipal. »Interrogé sur le sujet, le directeur général de la Ville, Louis Bilodeau a confirmé que le CLD a pris part aux discussions concernant l’avenir du centre du congrès sans toutefois détenir un mandat de la municipalité. « Le CLD a participé, mais il ne l’a pas fait sans nous », a-t-il précisé.Pourtant, selon le porte-parole de SilverBirch, propriétaire de l’Hôtel des Seigneurs, le principal interlocuteur dans le projet d’acquisition du centre des congrès est le CLD. « Je sais que ce sont des discussions privées, mais relativement ouvertes puisque le CLD est un organisme public », estime Herman Champagne, directeur des relations de travail chez SilverBirch.La direction du CLD n’a pas souhaité préciser son niveau d’implication dans le dossier complexe et sensible de l’Hôtel des Seigneurs. « J’ai une obligation de respecter la confidentialité des dossiers privés », a donné comme unique réponse le directeur général du CLD, Mario de Tilly.Avec la collaboration de Benoit Lapierre

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