21 juin 2012
De la Faculté de médecine vétérinaire à Londres
Le compte à rebours est commencé pour Valérie Welsh
Par: Maxime Desroches

Valérie Welsh vivra du 5 au 10 août les moments les plus enivrants de sa jeune carrière d’athlète amateur. La capitaine de l’équipe nationale de nage synchronisée tentera, avec ses 11 coéquipières, de ramener de Londres une première médaille olympique au Canada depuis l’argent remporté en 1996, à Atlanta.

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Étudiante à la Faculté de médecine vétérinaire à Saint-Hyacinthe depuis 2009, Valérie raconte avec émerveillement que c’est en regardant Sylvie Fréchette décrocher une deuxième médaille lors de ces Jeux qu’elle s’était épris d’amour pour la nage synchronisée.

« J’avais 8 ou 9 ans, et ma mère avait insisté pour que je regarde cette épreuve à la télévision. À l’époque, je suivais des cours de natation, mais déjà, mes instructeurs avaient remarqué que les acrobaties et les pirouettes m’intéressaient plus que la nage proprement dite. À peine quelques jours plus tard, j’étais inscrite dans un club de nage synchronisée. Je suis tombée en amour avec le sport instantanément », confie celle qui dans sa jeunesse a longtemps pratiqué le baseball et le hockey.Membre de l’équipe canadienne depuis 2009 après quelques essais infructueux, l’athlète originaire de Saint-Nicolas sur la Rive-Sud de Québec s’est rapidement imposée comme une leader aux yeux de l’entraîneure-chef Julie Sauvé. Elle est désormais capitaine de l’équipe et agit comme fil conducteur entre les nageuses et leur instructrice.« L’entente est tellement bonne entre nous que mon rôle est plus symbolique qu’autre chose. Les 11 filles sont comme des soeurs pour moi. Le lien qui nous unit est encore plus fort que l’amitié. C’est réellement comme une famille. »Avec un entraînement hebdomadaire avoisinant les 50 heures, il n’est pas étonnant qu’une telle ambiance se soit installée parmi elles. Six jours par semaine, à raison de huit heures par jour, la troupe composée de 11 Québécoises et d’une Ontarienne se donne rendez-vous à la piscine du Parc olympique, à Montréal. « Certains s’imaginent que nous passons toutes ces heures dans l’eau à travailler nos chorégraphies. Pourtant, il y a une grande partie qui se fait à l’extérieur de la piscine, par exemple nos exercices de flexibilité, de cardio, de musculation et d’acrobatie », observe l’athlète de 24 ans.

L’enthousiasme à son comble

À l’automne 2011, les Canadiennes ont passé un message on ne peut plus clair aux autres nations en s’emparant de la première place aux Jeux panaméricains, au Mexique. Elles ont semé le doute dans l’esprit des Espagnoles et des Chinoises, détentrices du deuxième et du troisième rang mondial, en plus de confirmer leur supériorité face aux Américaines, qu’elles ont distancées depuis quelques années.

Ainsi, Valérie Welsh et ses coéquipières ont obtenu un laissez-passer pour les Jeux de Londres.« C’est sans doute notre plus belle réussite depuis mon arrivée avec l’équipe nationale en 2009. Nous avons pu nous concentrer sur l’exécution de nos programmes et éviter le stress d’une épreuve de qualification olympique. »D’ailleurs, les programmes techniques et libres canadiens présentés à Londres, en duo comme en équipe (quatre au total), promettent d’être rafraîchissants et de repousser les limites de la nage synchronisée, assure Valérie Welsh.« Je compare notre sport au monde de la mode, explique-t-elle. Bien performer, c’est une chose, mais nous voulons établir de nouvelles tendances, de nouveaux standards. Nous allons miser sur l’effet de surprise. Cela nous a bien servies aux Panaméricains. Comme nous nous faisons très discrètes sur le contenu de nos chorégraphies, nos adversaires seront dans le néant. »

Départ pour l’Europe

Dimanche, les membres de l’équipe canadienne se sont envolées pour l’Europe, et ce, même si les Jeux ne débutent que dans cinq semaines. Elles participeront à un camp d’entraînement et souhaiteront faire le vide du cirque médiatique qui accompagne la folie du rendez-vous olympique.

« Il n’y a pas à dire, nous nous serons habituées au décalage horaire avant le 5 août », plaisante Valérie.Quelles sont donc les réelles chances de voir nos Canadiennes rafler un podium? « L’argent et le bronze sont certainement à notre portée. Les Russes sont généralement premières et devraient y rester à moins d’une grande surprise. »Les quatre autres puissances (le Canada, l’Espagne, la Chine et les États-Unis) batailleront ferme pour les deux autres places tant convoitées.Le baccalauréat en médecine vétérinaire peut sembler bien loin à travers tout cela, mais Valérie Welsh entend y consacrer plus de temps dès l’automne.« Depuis plusieurs années, j’ai deux rêves : prendre part aux Jeux olympiques et devenir vétérinaire. L’un des deux est sur le point de la réaliser. Je prendrai les moyens pour que le deuxième prenne forme aussi. C’est pourquoi l’an prochain je demeurerai à Saint-Hyacinthe à temps plein. »

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