7 mai 2015
Dossier E.T. Corset
Le conseil poursuit sa réflexion
Par: Benoit Lapierre

Le conseil municipal fait durer le ­suspense dans le dossier de l’ancienne manufacture E.T. Corset, ce bâtiment de brique qui a été érigé à l’angle des rues Laframboise et Delorme en 1892 et qui est maintenant menacé de démolition.

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Le 27 avril, au terme de l’audience du conseil pour réviser en appel la décision du comité de démolition d’autoriser l’émission du permis, le maire Claude Corbeil avait annoncé que les élus ­allaient trancher la question dès leur séance publique du 4 mai.

Mais lundi soir, il ne s’est rien passé, ­sinon que le sujet « E.T. Corset » a été ­retiré du menu juste avant l’adoption de l’ordre du jour. Il y avait été inscrit avec la mention « décision » et une référence au conseil plénier du 27 avril, lequel avait suivi l’audition en appel.

Le 27 avril, en caucus, les élus s’étaient donc mis d’accord sur le verdict à rendre en séance publique. De toute évidence, le dossier a évolué dans les jours qui ont suivi, de sorte que la discussion sur E.T. Corset se poursuivra à la plénière du 11 mai.

« Des élus ont soulevé de nouveaux ­arguments », a indiqué le directeur ­général de la Ville, Louis Bilodeau, au cours du point de presse qu’il a donné en compagnie du maire Corbeil après la séance publique de lundi.

La demande de permis de démolition visant la E.T. Corset provient du ­promoteur Stéphane Arès, qui en a fait tout récemment l’acquisition au prix de 350 000 $. Selon nos informations, il ­aurait ainsi coupé l’herbe sous le pied d’un concurrent, Raymond Joyal, qui a déjà réalisé à Saint-Hyacinthe la ­conversion d’anciennes usines en ­édifices à logements.

C’est vraisemblablement son projet pour la mise en valeur de la E.T. Corset qu’une Maskoutaine diplômée en ­architecture, Marie-France Daigneault Bouchard, a dévoilé devant les élus à ­l’audience du 27 avril. Elle tentait de les convaincre de la pertinence de protéger le plus vieux morceau du patrimoine ­industriel de Saint-Hyacinthe encore ­visible, au lieu de laisser construire de « banals condos » sur le site. « Saint-­Hyacinthe est une ville historiquement importante, et il faut sauver E.T. Corset coûte que coûte » a-t-elle confié au ­COURRIER au lendemain de l’audience.

Le promoteur Arès souhaite démolir la E.T. Corset pour y réaliser un projet ­immobilier haute densité qui englobe aussi l’emplacement voisin, celui de ­l’ancienne usine Goodyear, dont il a fait raser la dernière section l’année dernière. Apparemment, son projet cadrerait avec le plan d’aménagement d’ensemble que la Ville a fait préparer en vertu d’un ­accord de développement qu’elle a conclu avec M. Arès et auquel elle doit consacrer en tout 490 000 $, dont 90 000 $ pour le plan.

En échange, le promoteur avait ­abandonné la poursuite de 472 000 $ qu’il avait intentée contre la Ville pour les pertes encourues durant les quatre ­années – 2009 à 2013 – où l’immeuble ­Goodyear a fait l’objet d’une réserve ­foncière. D’une durée maximale de quatre ans, cette ­réserve incluait aussi les immeubles E.T. Corset et Les Orgues ­canadiennes. Elle devait faciliter la ­création d’un ­stationnement incitatif près de la gare, mais la Ville n’a rien ­enclenché avant l’échéance.

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