21 mai 2020
Ville de Saint-Hyacinthe
Le conseil se tourne vers les consultations écrites
Par: Rémi Léonard

Pour quelque temps, on ne verra plus de citoyens interpeler en personne leurs élus, qui privilégient maintenant les consultations écrites. Photothèque | Le Courrier ©

La dernière séance du conseil municipal de la Ville de Saint-Hyacinthe, tenue à nouveau à huis clos ce mardi, est venue confirmer l’utilisation par le conseil des consultations écrites en remplacement des consultations publiques qui ne peuvent plus se tenir en période de confinement.

Publicité
Activer le son

Jusqu’ici, un seul dossier était passé par cette voie, soit celui des dérogations mineures rendant réalisable le projet de reconstruction de la Place Frontenac. La modification la plus substantielle faisait passer la hauteur maximale du bâtiment du 12,3 mètres normalement permis à 18,3 mètres. Annoncées le 20 avril, ces modifications ont ensuite été soumises à une consultation écrite de 15 jours qui prenait fin le 8 mai. Le conseil a finalement approuvé les dérogations mineures le 19 mai, soit ce mardi.

Au moment de prendre la décision, il n’a aucunement été mention de la teneur des avis transmis dans le cadre de cette consultation. « Le conseil a pris connaissance des commentaires reçus » et accorde les dérogations demandées, stipule simplement la résolution, adoptée à l’unanimité. Combien d’avis ont été reçus? Quelle proportion était favorable ou défavorable au projet? Quelles préoccupations ont été évoquées? Toutes ces questions sont restées sans réponse au moment d’écrire ces lignes, mercredi. Il n’a pas non plus été possible de parler au maire Claude Corbeil au lendemain de la séance.

C’est plutôt au début de la séance, à la période de questions (remplacée par la lecture de questions écrites soumises à l’avance) que certaines préoccupations citoyennes sur la reconstruction de la Place Frontenac ont été mises en lumière. Françoise Pelletier a demandé si une portion du projet comporterait du logement abordable ou social compte tenu de la rareté des logements de ce type à Saint-Hyacinthe. Le maire a réitéré la position du conseil, qui ne veut pas imposer une telle « obligation » aux promoteurs, « bien que nous l’encourageons », a-t-il spécifié. Les élus ont plutôt opté pour des investissements publics accrus dans la réserve sur le logement social afin de livrer aux moins 125 unités additionnelles dans les cinq prochaines années, a-t-il rappelé.

D’autres citoyens voulaient connaître la hauteur de la future Place Frontenac par rapport au Marché public et à l’autre immeuble neuf construit récemment en face, au 1600 des Cascades. Le maire a alors rappelé que la nouvelle Place Frontenac aura une façade haute de trois étages, soit la hauteur de l’ancien bâtiment, mais qu’elle s’élèvera ensuite à 18,3 mètres pour le reste de l’immeuble. Le Marché, quant à lui, fait 22,5 mètres de haut (la tourelle, sans doute), a indiqué le maire, alors que le nouvel immeuble s’élève à environ 19 mètres.

Le huis clos perdure

On ignore par ailleurs jusqu’à quand les séances du conseil se tiendront à huis clos. Lors de la séance du 4 mai, le maire a indiqué que la situation resterait ainsi jusqu’à nouvel ordre puisque les rassemblements intérieurs sont toujours interdits. « Nous avons bien hâte de retrouver un mode de vie plus normal et nous allons tenter d’y arriver le plus rapidement possible », affirmait-il en réponse à la citoyenne Chantal Goulet, qui jugeait que le respect du deux mètres de distanciation serait pourtant possible avec un peu de discipline et grâce à la deuxième salle adjacente à celle du conseil.

Cette semaine, le maire n’a pas donné plus d’indication sur ce point, mais a annoncé que les séances des mois de juillet et d’août seraient filmées et diffusées, contrairement à l’habitude. Il a également indiqué en début de séance que les consultations écrites « vont devenir de plus en plus fréquentes » à Saint-Hyacinthe, et ce, dans le but de ne pas « paralyser » les dossiers qui nécessiteraient normalement une consultation publique.

Effectivement, dans les minutes qui ont suivi, toute une série de dérogations mineures a été déposée pour être soumise à la formule de la consultation écrite. Même chose pour l’agrandissement de l’aire d’affectation « résidentielle forte densité » dans le district Bois-Joli, un dossier qui devait faire l’objet d’une rencontre avec les résidents. En mars, le conseil avait en effet pris un temps d’arrêt après que des citoyens se furent présentés en séance pour exprimer leur inquiétude sur l’ampleur des constructions à venir le long de l’avenue des Grandes-Orgues.

Au moins quatre autres règlements seront soumis à des consultations écrites prochainement, selon les résolutions adoptées au cours de la séance. Des avis publics doivent préalablement être diffusés avant la tenue de la période de quinze jours de consultation. C’est après cette démarche que le conseil prend sa décision.

image