19 mai 2011
Métairie
Le couvent échappe à la démolition
Par: Le Courrier
La Ville, qui envisage depuis un certain temps de déménager les organismes culturels et artistiques au couvent, a désormais le champ libre pour acquérir l'édifice et une partie des terres adjacentes.

La Ville, qui envisage depuis un certain temps de déménager les organismes culturels et artistiques au couvent, a désormais le champ libre pour acquérir l'édifice et une partie des terres adjacentes.

Le comité de démolition de la Ville de Saint-Hyacinthe a refusé, la semaine dernière, d’octroyer le permis de démolition demandé par le Groupe Robin et les Soeurs de la Charité qui souhaitaient raser le couvent de la Métairie au bénéfice d’un projet immobilier.

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Le comité de démolition a pris sa décision en se basant sur les conclusions d’une étude patrimoniale présentée par la firme Patri-Arch, qui établissait cet hiver le caractère à conserver du couvent, des terres qui l’entourent ainsi que de leur perspective particulière sur le mont Yamaska.

La Ville, qui envisage depuis un certain temps de déménager les organismes culturels et artistiques au couvent, a désormais le champ libre pour acquérir l’édifice et une partie des terres adjacentes. « Nous ne protégerons pas tout. Les élus ont pris une décision quant à la portion des terres à acquérir, mais tout dépendra des négociations avec les deux groupes propriétaires. Pour le moment, nous n’avons pas du tout la même opinion sur la valeur du couvent et des terrains », a expliqué le directeur général de la Ville, Louis Bilodeau. Afin de s’entendre, la Ville et le Groupe Robin mandateront chacun un conseiller et confieront à un arbitre la tâche d’établir la juste somme à payer. « Personne ne veut passer pour celui qui se fait avoir ou qui profite de la situation. La seule façon d’y arriver, c’est qu’une personne en dehors du débat tranche la question », a résumé M. Bilodeau. Le dernier plan triennal d’immobilisation prévoyait 4 M$ pour construire un nouveau pavillon au Centre des arts Juliette-Lassonde et y déménager les organismes culturels. La Ville pourrait toutefois avoir à piger davantage dans ses poches pour acquérir les terrains adjacents au couvent qui, il y a quelques mois à peine, étaient destinés à accueillir des unités résidentielles. « Je lis le rapport de Patri-Arch et force est d’admettre que je me sens encore plus privilégié d’implanter un projet immobilier sur des terres d’une si grande valeur, avec une vue exceptionnelle à mettre en valeur, a d’ailleurs noté Jonathan Robin devant le comité de démolition, annonçant du même coup ses couleurs. Il va de soit que notre projet devra être adapté en conséquence. »Pas plus tard qu’en décembre, le conseil municipal avait adopté un plan d’urbanisme qui conférait à une portion des terrains une fonction résidentielle à haute densité, haussant leur valeur de revente, d’autant plus qu’il s’agit là de certains des derniers terrains pouvant accueillir un développement immobilier à Saint-Hyacinthe, le territoire étant cerclé de terres réservées à l’agriculture. Or, le zonage n’a pas été modifié en conséquence depuis et les terrains ne permettraient pas, selon les règles actuelles, d’y construire des unités résidentielles. Le parc de la Métairie était autrefois un domaine agricole tenu par les Soeurs de la Charité qui remettaient leurs récoltes à l’Hôpital Saint-Charles. Son héritage historique tient du fait que la congrégation y est présente depuis 1850 et qu’elle a joué un rôle de premier plan dans le développement de Saint-Hyacinthe.

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