21 novembre 2013
Accident percutant sur l'autoroute 20
Le débat entourant la sécurité du passage à niveau relancé
Par: Maxime Prévost Durand

Un violent accident a paralysé l’autoroute 20 à la hauteur de Saint-Hyacinthe vendredi en début d’après-midi. Alors que la circulation était immobilisée afin de laisser traverser un train sur le passage à niveau de l’autoroute 20, le conducteur d’une camionnette n’a pu arrêter son véhicule à temps et est entré en collision avec un poids lourd.

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L’homme a subi des blessures sérieuses, mais sa vie n’est pas en danger, malgré la violence de l’impact, selon les policiers. Les pinces de désincarcération ont été nécessaires afin de l’extirper du véhicule. Le conducteur du poids lourd n’a subi pour sa part aucune blessure.

La camionnette, tirant une petite remorque à l’arrière, arrivait dans la même voie que le poids lourd selon la Sûreté du Québec, mais n’a pas été en mesure d’immobiliser son véhicule à l’approche du passage à niveau. Aucun autre véhicule n’a été impliqué dans l’accident.Plusieurs débris se sont retrouvés sur la chaussée, autant dans la voie de gauche que celle de droite, obligeant les policiers à fermer les deux voies de l’autoroute 20 en direction de Montréal durant plusieurs minutes avant qu’une voie soit rouverte aux automobilistes. Ce n’est que vers 15 h, soit près de 2 h 30 après l’accident, que la circulation a pu reprendre son cours normalement.

Silence radio au MTQ

Impossible de savoir, à la suite de cet accident, si le ministère des Transports révisera sa position sur l’élimination du croisement entre la voie ferrée et l’autoroute 20. Il n’a pas été en mesure de donner suite à la demande d’informations du COURRIER.

À ce jour, toutes les interventions pour l’étagement du chemin de fer, lequel aurait pu être jumelé à la reconstruction du viaduc Laframboise, se sont soldées par un refus du MTQ. Des coûts trop élevés et un motif de sécurité routière négligeable ont été évoqués. Or, le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Corbeil, croit qu’il faut au contraire être « proactif » et « ne pas attendre un accident plus grave ». Les élus municipaux solliciteront à nouveau les dirigeants du MTQ, car même si « l’argent, c’est le nerf de la guerre, il faut être réaliste », a soutenu M. Corbeil.

Inscrit dans le prochain budget

Le député de Saint-Hyacinthe, Émilien Pelletier, entend bien faire inscrire le dossier de l’élimination de ce chevauchement dangereux à l’ordre du jour du ministre des Transports.

« Je vais contacter le ministre Gaudreault aujourd’hui même [mardi] », a-t-il affirmé.« Il est impératif que cette demande soit consignée dans les crédits budgétaires qui seront établis au printemps prochain. À partir du moment où ce sera inscrit dans les prévisions, nous sommes davantage assurés que le projet se réalisera d’ici quelques années. Pour le moment, ça n’apparaît même pas dans le plan quinquennal du Ministère », a souligné M. Pelletier. Illustrant son propos, il a aussi ajouté que le tragique accident « venait mettre du bois dans le poêle pour chauffer le dossier ». Bien que l’individu ne soit – heureusement – pas décédé lors de la collision survenue vendredi, l’impact est suffisant pour démontrer que le critère de la sécurité routière, balayé du revers de la main par le MTQ, constitue plutôt un argument massue. « C’est vrai qu’il n’y a pas eu beaucoup d’accidents à cet endroit sur l’autoroute 20, mais avec le nombre croissant de wagons et d’automobilistes, on constate que la traverse est de moins en moins sécuritaire », a martelé M. Pelletier, en spécifiant que l’entreprise Transbordement St-Hyacinthe, située dans le parc industriel en bordure de la voie rapide, pourrait faire circuler jusqu’à 26 000 wagons par année sur le chemin de fer, d’ici cinq ans. Émilien Pelletier rencontrera son homologue Marie-Claude Morin sous peu afin de discuter avec elle de la possibilité d’obtenir une subvention fédérale afin de financer d’éventuels travaux d’étagement.

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