9 avril 2020
Forum
Le début d’un nouveau chapitre
Par: Le Courrier

Aujourd’hui, j’ai l’impression que j’ai besoin d’écrire mes pensées… comme le tournant d’une histoire, ou de l’histoire. C’est fou, on repense à toutes ces occasions où l’histoire s’écrit. C’est mondial, c’est personnel, c’est un éclair, le battement d’aile d’un papillon. J’ai l’impression d’être « on the edge of something ».

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Une nuit où le téléphone sonne chez ma grand-mère et que l’enfant entend ce qu’il ne veut pas entendre… « Réveille-toi, ton père est à l’hôpital, ta tante Loulou vient nous chercher. »

Un certain soir de janvier 1998, en prenant une marche, au beau milieu des vieux arbres du quartier Sacré-Cœur, dans le noir. Il me semble même que le quadrilatère de l’hôpital (priorité d’Hydro) était noir. Ce soir-là, en marchant, en entendant les branches d’arbres tomber tout autour de moi, c’est la deuxième fois que j’ai senti que le chapitre avait changé, il y a quelques pages ou quelques lignes.

De nouveau, un 11 septembre au matin, avec mon portable sur les genoux et la télé ouverte sur RDI. Mais surtout quand j’ai vu la première tour s’effondrer… Tsé, ce moment où j’ai su que ma fête, en 2001, serait le 12 au lieu du 11.

Ce 11 mars 2020, je me sens comme ça. J’ai l’impression que le Téléjournal de Radio-Can que j’ai regardé, je vais le revoir. J’ai l’impression que je vais me souvenir du « Late Show » qui a été fait pour la première fois à huis clos. Ce mot, que je n’associais jamais aux événements sportifs ou culturels avant.

Mais bon, en même temps, mon père est toujours là avec nous (pis toute là en plus), Saint-Hyacinthe s’est remise du verglas (l’ado de 17 ans a de bons souvenirs du temps passé avec ses chums) et les enfants nés en septembre 2001 auront 19 ans en 2020.

Rappelons-nous collectivement que nous allons parler de l’épisode de la COVID-19 de 2020 au passé. Que NOUS lui survivrons. Surtout, rappelons-nous qu’avant de nous battre pour du papier de toilette, nous pourrons compter sur les habitants de la terre, nos amis, notre famille, nos voisins pour nous entraider dans ce qui s’en vient.

C’est en compétition l’un envers l’autre que nous perdrons (vraiment isolé).

C’est ensemble que nous vaincrons.

Jean-Simon Carrier, Saint-Hyacinthe

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