12 avril 2012
Le déclic d’Olivier Godin
Par: Maxime Desroches
Olivier Godin se dit prêt à passer à la prochaine étape en patinage de vitesse courte piste.

Olivier Godin se dit prêt à passer à la prochaine étape en patinage de vitesse courte piste.

Pierre Godin se souvient qu’il y a une dizaine d’années, sa conjointe Julie et ses quatre enfants, Amélie, Gabrielle, Olivier et Simon, s’étaient rendus, après avoir lu une annonce dans une brochure, à une foire aux sports organisée de concert par quelques associations sportives de la région, afin de trouver une activité sportive commune.

C’était finalement une discipline méconnue, le patinage de vitesse courte piste, qui avait attisé l’intérêt de la jeune famille. Désormais âgée entre 16 et 21 ans, la progéniture de la famille Godin est plus mordue que jamais de cette discipline, au point où le paternel y a lui aussi été initié et que chacun évolue sur le circuit élite québécois.

Le plus âgé des deux fils, Olivier, a connu une fulgurante progression, si bien qu’il quittera l’an prochain le Club de Saint-Hyacinthe, avec lequel il s’entraîne depuis ses premiers coups de patin, dans le but de s’établir à Montréal, où se trouve l’Aréna Maurice-Richard, centre national de patinage de vitesse courte piste.Le patineur de 18 ans revient tout juste d’une performance couronnée de succès à Richmond, en banlieue de Vancouver, où se tenait le championnat canadien de patinage de vitesse courte piste, une compétition regroupant les meilleurs athlètes au pays chez les 15 à 21 ans.

Quintuple médaillé!

Évoluant dans un environnement propice au dépassement, c’est-à-dire sur la surface glacée des Jeux olympiques d’hiver de 2010, le jeune étudiant en sciences de la nature au Cégep de Saint-Hyacinthe a bien choisi son moment pour servir une véritable leçon de patinage à ses adversaires, en décrochant pas moins de cinq podiums lors des épreuves du 1 500 et 3 000 mètres (or), du 1 000 mètres (argent), du 500 mètres et de relais (bronze). Pas mal pour un athlète qui disait entretenir certains doutes quant aux plus longues distances.

« Je n’ai pas d’épreuve fétiche, mais je considère que le 500 mètres est probablement la course avec laquelle je suis le plus à l’aise. Le 3 000 mètres est une course relativement nouvelle, donc c’était difficile de se projeter à une position ou à une autre. Ma stratégie était de me classer près des meneurs pour chacun des quatre chronos (des points supplémentaires sont alloués lors du 7 e , du 14 e , du 21 e et du 27 e tour), chose que j’ai faite avec deux premières places et deux troisièmes », raconte-t-il.Sa constance lors de ces cinq épreuves lui a valu le premier rang au classement cumulatif et a fait du quintuple médaillé le champion canadien sur courte piste chez les Junior A (17 à 20 ans). Tout cela sans la présence de ses proches, qui se trouvaient à Sherbrooke pour la compétition de Simon, le cadet de la famille, aux championnats de l’Est.« Je n’étais pas mal entouré pour autant. Les instructeurs de la Fédération québécoise de patinage de vitesse nous accompagnaient, de même que quelques parents de mes coéquipiers. Mais je mentirais si je disais que je n’avais pas mon téléphone tout proche entre les épreuves. Ma mère recevait mes résultats au fur et à mesure par message texte! »

Tout un revirement de situation

De son propre aveu, Olivier n’avait pas connu une première moitié de saison à la hauteur de ses attentes. La pause des Fêtes aura été salutaire au jeune patineur, puisque les podiums s’accumulent depuis qu’il a renoué avec la compétition.

« Il y a eu un déclic dans les derniers mois. J’ignore la raison. C’est peut-être simplement une question de confiance. Maintenant que ma saison tire à sa fin, je souhaite seulement pouvoir bâtir sur cette belle séquence en octobre prochain. »L’invitation reçue à patiner au centre national dans les prochaines semaines n’est donc pas le fruit du hasard. Ce sera par ailleurs une opportunité en or pour le jeune Maskoutain de se familiariser avec la métropole, lui qui a déjà finalisé son inscription au Cégep Maisonneuve en vue de la session d’automne.« Je n’ai que de bons mots pour mon entraîneure Marie-Claude Lafond, du Club de Saint-Hyacinthe, qui m’a grandement aidé à devenir le patineur que je suis aujourd’hui. Mais d’un autre côté, je me sens prêt à franchir la prochaine étape. De patiner plusieurs jours par semaine sur une glace de dimension olympique est un pas dans la bonne direction », conclut-il.

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