26 novembre 2020
La question se pose
Le Domaine sur le Vert : de l’étalement urbain?
Par: Rémi Léonard

Le nouvel accès routier au Domaine sur le Vert créé récemment à partir du Grand rang Saint-François. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Schéma illustrant la densité résidentielle prévue au Domaine sur le Vert, allant du jaune pour la faible densité jusqu’au rouge pour une forte densité. Les zones en vert représentent les espaces verts et le terrain de l’école est en bleu. Ville de Saint-Hyacinthe

La question se pose est une nouvelle rubrique proposée par LE COURRIER afin d’approfondir un sujet de l’actualité maskoutaine en prenant comme point de départ une interrogation en apparence toute simple. L’objectif est de susciter la réflexion et l’échange avec nos lecteurs, qui sont donc invités à nous partager leurs propres questions ou à répondre à celles abordées.

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Pour amorcer le tout, on partira cette fois-ci d’une question posée par un de nos journalistes lors d’une couverture sur le terrain. Plus précisément, il s’agissait de savoir si le futur quartier qui nous a été présenté récemment du côté du Domaine sur le Vert constitue ou non un exemple d’étalement urbain.

Le phénomène préoccupe en effet de plus en plus au Québec, et tout récemment, la controverse dans la MRC de Montcalm, où plus de 150 hectares de terres agricoles pourraient potentiellement être dézonés, a ravivé l’intérêt sur cette question.

À Saint-Hyacinthe, la vision affirmée du conseil a toujours été de favoriser la densification du territoire, notamment au centre-ville, pour éviter d’empiéter sur les terres agricoles qui nous entourent. « Limiter l’étalement urbain » faisait d’ailleurs partie des objectifs évoqués durant la présentation du Domaine sur le Vert phase 2, réalisée en octobre à l’hôtel de ville.

Quelques faits

Néanmoins, on parle tout de même d’un projet qui prévoit la construction de centaines d’habitations dans un secteur clairement en périphérie de la ville, qui a déjà entraîné le prolongement du réseau d’aqueduc et qui commandera la construction de nouvelles voies de circulation automobile, possiblement même d’un nouveau pont sur la Yamaska.

Ces quelques éléments représentent généralement des caractéristiques du phénomène d’étalement urbain. LE COURRIER a donc posé directement la question au technicien en aménagement du territoire du Service de l’urbanisme de la Ville, Danny Gignac, qui avait abordé quelques enjeux de planification et d’aménagement durant la présentation.

Pour lui, puisque le développement est envisagé sur un ancien terrain de golf, en zone blanche, et non sur des terres agricoles, on ne peut pas réellement parler d’étalement urbain. Il est vrai qu’en général, la question de l’étalement urbain a toujours été envisagée au Québec sous l’angle de la protection des terres agricoles. Tout au plus pourrait-on parler d’un « étalement doux », a-t-il convenu lorsque LE COURRIER a évoqué les éléments mentionnés précédemment.

Question de densité

Une autre caractéristique distinctive pour reconnaître qu’on se retrouve devant un exemple d’étalement urbain est la faible densité des unités résidentielles construites. Sur ce point, M. Gignac a rappelé dans la présentation les « obligations légales » découlant des orientations gouvernementales en matière d’aménagement du territoire exigées dans les MRC périmétropolitaines comme celle des Maskoutains, dont celle désignée plus communément comme l’orientation 10. Son objectif est notamment de limiter l’étalement urbain, a-t-il précisé, et fixe donc des « seuils minimaux de densité brute d’occupation du sol à atteindre » pour les cinq prochaines années.

Dans notre cas, il s’agit de 29 logements à l’hectare en dehors du centre-ville, a précisé M. Gignac, tout en rappelant qu’il s’agit d’une moyenne. Le zonage actuel dans la majeure partie du Domaine sur le Vert prévoit quant à lui une densité « moyenne », soit autour de 20 à 35 logements à l’hectare, a-t-il également rappelé. Le projet présenté par le promoteur prévoit une grande variété de types d’habitations, allant de l’unifamiliale isolée jusqu’aux immeubles de plusieurs logements pouvant atteindre quatre étages dans la zone centrale (voir la carte).

Il faut savoir qu’une zone tampon de plus faible densité (en jaune) a été prévue dans la section longeant le Grand rang Saint-François afin de s’intégrer au milieu déjà existant, composé principalement de maisons unifamiliales. Globalement, si on prend en compte les 300 unités prévues sur la superficie de 1,5 million de pieds carrés, on arrive à une moyenne de 21,5 logements à l’hectare.

Tout le secteur est par ailleurs soumis au plan d’implantation et d’intégration architecturale « Projets de développement urbain », qui établit plusieurs lignes directrices pour ce futur quartier, comme une planification à échelle humaine, une offre en modes de transport alternatifs à l’automobile, la préservation des milieux naturels et des bâtiments bien pensés et écoénergétiques, entre autres.

Notons que du point de vue de la mobilité, le projet prévoit l’aménagement d’un réseau de transport actif au cœur du quartier, en plus du tronçon déjà existant de piste cyclable qui relie le quartier au reste de La Providence par l’entremise de la rue Saint-Pierre Ouest. Les circuits de transport en commun ne se rendent pas pour l’instant jusqu’au Domaine sur le Vert.

À vous la parole!

Avec tous ces éléments en main, on doit convenir que ce nouveau quartier comporte certaines caractéristiques qu’on peut associer au phénomène d’étalement urbain sans nécessairement cocher toutes les cases pour en faire un exemple parfait. Il serait donc ardu de tracer une ligne claire. Pour poursuivre la réflexion, nous invitons donc nos lecteurs à apporter leur perspective sur le sujet.

Écrivez-nous à redaction@lecourrier.qc.ca. Vos points de vue pourraient ensuite se retrouver dans notre page Forum, question d’alimenter la réflexion collective.

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