17 juillet 2014
Le Dr Rosaire Desautels prend sa retraite après 40 ans de pratique
Par: Le Courrier
Après 40 ans de pratique à la clinique familiale de Saint-Hyacinthe, l'omnipraticien Rosaire Desautels a pris sa retraite à la fin juin, laissant derrière lui plus de 3 000 dossiers.

Après 40 ans de pratique à la clinique familiale de Saint-Hyacinthe, l'omnipraticien Rosaire Desautels a pris sa retraite à la fin juin, laissant derrière lui plus de 3 000 dossiers.

Le départ à la retraite du Dr Rosaire Desautels laissera un grand vide dans la vie de ses 3 300 patients de la clinique familiale de Saint-Hyacinthe, où il a accumulé 40 ans de pratique.

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En fait, la course au médecin de famille est déjà lancée pour sa clientèle puisque Dr Desautels a entamé sa retraite depuis le 26 juin. « C’est un deuil autant pour eux que pour moi », reconnait-il.

Il assurera les suivis durant encore six mois environ afin d’éviter que les résultats d’examens « tombent entre deux chaises ». Un nouveau médecin devrait remplacer l’omnipraticien à la retraite, mais certains patients devront désormais aller du côté de la clinique sans rendez-vous, prévient ce dernier. Rosaire Desautels ne croit pas que l’ensemble de ses dossiers pourra être transféré à son remplaçant, lui-même se demandant comment il y est arrivé. « Avec 3 300 dossiers, je n’avais pas pensé que les patients vieillissaient et qu’avec l’âge viennent davantage de bobos », dit-il en riant. Avant que n’apparaissent les siens, le médecin profitera de la retraite pour passer de bons moments avec ses petits-enfants, suivre des cours et « faire plein de choses [qu’il] n’a pas faites » en raison de son horaire surchargé.

Le temps ne compte pas

Si Rosaire Desautels est reconnu pour son franc-parler, c’est l’écoute attentive de l’omnipraticien qui lui a permis de créer un lien privilégié avec ses clients.

« Ce que je veux vraiment savoir, c’est ce que le patient ne me dit pas, affirme-t-il. Il y a la maladie physique, mais il y a aussi le contexte psychologique. Pour moi, le temps [des consultations] n’a jamais compté. »D’après des propos recueillis sur le site Rate my Doctor [évalue ton médecin], Dr. Desautels soigne autant l’âme que le corps, en plus de donner suite à tous ses appels. Le médecin souligne que 80 % d’un diagnostic repose sur l’écoute. « En médecine, il y a une base scientifique, que tu dois appliquer, mais tu dois aussi t’adapter. La médecine n’est pas une science exacte, c’est un art », s’exclame l’homme de 66 ans. Il n’hésite pas non plus à se qualifier de vendeur, une comparaison surprenante, mais qui colle bien à sa philosophie. « Les médecins doivent convaincre leur patient de la réaction à adopter face à une maladie. Ce sont nos arguments. Une grosse partie de l’emploi repose sur le fait de rassurer les gens. »

Son diagnostic

De plus en plus de médecins de famille prennent leur retraite, laissant derrière eux des clientèles orphelines. La région maskoutaine ne fait pas exception; 7 865 personnes sont inscrites sur une liste d’attente sur le territoire du CSSSRY.

« Lorsqu’un patient est très malade, le système fonctionne bien », soutient Dr Desautels. La situation se corse toutefois lorsque la clientèle en bonne santé souhaite être suivie sur une base régulière. « Au départ, il manque de médecins. Le problème, c’est que lorsque les gens ont des appréhensions, ils se lancent dans des alternatives qui ne sont pas adaptées pour eux », observe l’omnipraticien. Il remarque également que l’évolution de la pratique – les docteurs font désormais de la « médecine préventive » par crainte de poursuites ou blâmes – et la lourdeur administrative ne contribuent pas à améliorer les délais. Même si le défi à relever est énorme pour le nouveau ministre de la Santé, Gaétan Barrette, Rosaire Desautels estime que le nouveau ministre parviendra à redresser la situation.

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