25 janvier 2018
Créé à Saint-Jude en 1902
Le drapeau de Carillon, objet patrimonial
Par: Benoît Lapierre
Le drapeau de Carillon, tenu ici par la préfet de la MRC des Maskoutains, Francine Morin, le maire de Saint-Jude, Yves de Bellefeuille, et Robert Mayrand, chargé de projet en patrimoine, a été déployé au siège administratif de la MRC en juillet 2017. Photothèque | Le Courrier ©

Le drapeau de Carillon, tenu ici par la préfet de la MRC des Maskoutains, Francine Morin, le maire de Saint-Jude, Yves de Bellefeuille, et Robert Mayrand, chargé de projet en patrimoine, a été déployé au siège administratif de la MRC en juillet 2017. Photothèque | Le Courrier ©

Le drapeau de Carillon, dont a été tirée la version officielle du drapeau du Québec et qui fait la fierté du village de Saint-Jude, est maintenant reconnu comme objet patrimonial national.

Décrété en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel, le classement du drapeau de Carillon a été confirmé dans un communiqué par le député de Richelieu à l’Assemblée nationale, Sylvain Rochon. « Je suis particulièrement fier d’avoir réussi, avec le maire de la municipalité de Saint-Jude, son équipe et la famille Girouard, à convaincre le ministre Luc Fortin de procéder à ce classement officiel, finalement conclu par sa successeure, Marie Montpetit. Ce geste, de grande valeur symbolique et très attendu par les Rochvilloises et les Rochvillois – les résidents de Saint-Jude – ainsi que par toute la population de Richelieu demeurera, pour moi, un souvenir impérissable de mon premier mandat de député », a souligné M. Rochon.
Ce que l’on appelle « le drapeau de Carillon » a été créé en 1902 par le curé de Saint-Jude, Elphège-Prime Filiatraut, au terme de ses recherches pour doter le Québec d’un emblème national distinct. Il s’était finalement inspiré de la bannière brandie par les troupes du général Montcalm à la bataille de Fort Carillon, au lac Champlain, le 8 juillet 1758.
Les fleurs de lys pointant vers le centre sont tout ce qui distingue le drapeau de Carillon de celui du Québec. Le 21 janvier 1948, il a remplacé l’Union Jack au mât du parlement. L’an dernier, c’est aussi le 21 janvier, Jour du drapeau, que le ministre de la Culture avait donné l’avis d’intention de classement de la bannière.
« Le drapeau de Carillon est donc l’ancêtre le plus direct du drapeau du Québec et son classement comme objet patrimonial vientattester de son authenticité. […] Maintenant que le classement est acquis, la désignation officielle de la municipalité de Saint-Jude comme village d’origine du drapeau québécois et la reconnaissance de l’abbé Filiatrault comme personnage historique vont de soi, à mon avis », estime le député Rochon, qui se dit prêt à se lancer dans une autre croisade vers d’autres reconnaissances dans le dossier.
Lundi, lorsque joint par LE COURRIER, le maire de Saint-Jude, Yves de Bellefeuille, ignorait encore que le drapeau de Carillon avait été classé à Québec. Le député Rochon en avait fait l’annonce vendredi soir dernier, à la traditionnelle soirée du drapeau tenue par la société Saint-Jean-Baptiste Richelieu-Yamaska.
« Je suis très content parce que, pour nous, le drapeau est très important. Nous avons été très nombreux à travailler là-dessus, avec la MRC aussi et Robert Mayrand. Ça a été énormément d’appels, de recherches, de communications. Là, on va s’attaquer à la reconnaissance du village et ça, ce sera plus d’ouvrage parce que c’est un lieu », a commenté M. de Bellefeuille.
Il raconte que c’est un drapeau de Carillon apporté à Québec par le député René Chaloult qui a été hissé au mât du parlement 21 janvier 1948, soit une vingtaine de jours avant l’arrivée du Fleurdelysé, avec ses quatre lys redressés, comme le souhaitait le premier ministre Maurice Duplessis. Quant au drapeau de Carillon retrouvé dans les décombres du presbytère de Saint-Jude en 1955 et dont a pris soin la famille Girouard par la suite, M. de Bellefeuille certifie qu’il s’agit bien d’un drapeau original en coton imprimé de façon artisanale. « Les gens qui l’ont expertisé sont carégoriques : il date du début du [XXe] siècle. »
Ce précieux étendard est maintenant conservé au Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe.

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