20 juillet 2017
MRC des Maskoutains
Le drapeau de Carillon trouve sa place
Par: Benoît Lapierre
Une plaque commémorative à l’intention des passants a été fixée au muret de la façade, sous le drapeau de Carillon flottant quelques mètres plus haut. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Une plaque commémorative à l’intention des passants a été fixée au muret de la façade, sous le drapeau de Carillon flottant quelques mètres plus haut. Photo François Larivière | Le Courrier ©

C’est le drapeau du Québec tissé dans sa version originale de 1902 qu’arborera dorénavant la Municipalité régionale de comté des Maskoutains (MRC) à son siège administratif de l’avenue du Palais, au centre-ville de Saint-Hyacinthe.

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Le déploiement du drapeau de Carillon, créé il y a 115 ans par l’abbé Elphège-Prime Filiatrault, curé de Saint-Jude, a eu lieu il y a quelques jours en même temps que le dévoilement d’une plaque commémorative racontant l’histoire de la bannière suspendue quelques mètres plus haut, en façade de l’édifice.

Ce drapeau sera bientôt classé comme bien culturel national, suivant l’avis d’intention donné le 21 janvier 2017 par le ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Luc Fortin.

C’est le drapeau de Carillon que le premier ministre Maurice Duplessis a transformé en emblème national en 1948, après en avoir redressé les quatre fleurs de lys qui pointaient vers son centre, a rappelé dans son discours la préfet de la MRC, Francine Morin.

« Le drapeau du Québec est rassembleur, comme on peut le constater aujourd’hui. Il est le point de ralliement d’une culture, d’un peuple, d’une nation. Il représente notre histoire, nos valeurs et notre inspiration », a déclaré Mme Morin devant les nombreux invités à la cérémonie, dontles maires de la MRC.

Elle a raconté que l’abbé Filiatrault, comme il l’explique dans son ouvrage « Aux canadiens-français notre drapeau » publié en 1903, voulait créer un symbole national distinct, libre de tout symbole religieux, ce qu’il fit en s’inspirant de la bannière des troupes du général Montcalm à la bataille du Fort Carillon. Il en conserva le fond bleu-azur, les fleurs de lys et la croix blanche symbolisant la France, en hommage à la mère patrie.

« C’est avec énormément de fierté que la MRC des Maskoutains, en respect de l’histoire de notre emblème national et de l’histoire de notre région, désire commémorer ce moment historique de la création du drapeau du Québec sur notre territoire, dans la municipalité de Saint-Jude en 1902 », a-t-elle poursuivi. Elle a ensuite annoncé que le drapeau de Carillon demeurerait hissé de façon permanente à la MRC, suivant la volonté du conseil des maires.

« Saint-Jude a toujours éprouvé énormément de fierté d’être le village d’origine du drapeau québécois. La municipalité s’est fait un devoir de faire connaître l’histoire du drapeau et de favoriser la mise en valeur du Carillon. Vous n’avez qu’à vous promener dans nos rues pour comprendre l’intime relation entre le village et l’histoire du drapeau du Québec. Sur les maisons ou l’hôtel de ville, un peu partout sur le territoire, vous allez voir le Carillon battre au vent », a souligné pour sa part le maire de Saint-Jude, Yves de Bellefeuille.

Il a signalé que l’unique exemplaire du drapeau de Carillon attribué à l’abbé Filiatrault avait été trouvé au milieu des années 1950 dans le grenier du vieux presbytère incendié, au moment de sa démolition. Propriété de la famille Girouard, cet authentique ancêtre du fleurdelisé est conservé au Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe.

Présent à la cérémonie, le député péquiste de Richelieu, Sylvain Rochon – Saint-Jude appartient à sa circonscription -, a salué le ministre Fortin pour l’ouverture dont il a fait preuve lors de l’annonce concernant le drapeau de Carillon, le 21 janvier à Saint-Jude. « Il m’a invité à faire cette annonce avec lui, moi qui suis un député de l’Opposition, et j’ai beaucoup apprécié son attitude. Au-delà des allégeances, le fleurdelisé est notre emblème à tous, et il l’a bien illustré par son geste », a-t-il confié au COURRIER.

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