2 avril 2020
Le fonds d’aide municipal relancé
Par: Rémi Léonard

Les aires de jeux de Saint-Hyacinthe ont été condamnées afin que les citoyens respectent la nouvelle réglementation de la Ville interdisant l’utilisation des différents mobiliers urbains. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Comme elle l’avait fait l’an dernier à la suite de l’incendie de la Place Frontenac, la Ville de Saint-Hyacinthe remet sur pied un fonds d’aide d’urgence pour soutenir ceux qui sont touchés de plein fouet par la crise liée à la COVID-19, a annoncé mardi le maire Claude Corbeil dans une allocution.

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L’argent récolté servira principalement à « combler les besoins criants de nos banques alimentaires », a indiqué le maire en soulignant que « cette fois, le nombre de personnes à aider est beaucoup plus grand ». Moins frappant qu’un incendie, le ralentissement économique actuel n’en demeure pas moins une épreuve qui peut s’avérer difficile à traverser pour bien des Maskoutains, particulièrement dans sa durée. Déjà, « près de la moitié de l’économie locale a été mise en pause », a cité le maire en rapportant les informations venant de Saint-Hyacinthe Technopole. « On n’a jamais prévu une telle catastrophe. […] Pour l’instant, il faut aidez les gens dans le besoin », a-t-il déclaré.

Claude Corbeil a donc lancé un appel à tous ceux qui « ont encore un salaire » et aux entreprises qui « n’ont pas été trop touchées par la crise » pour qu’ils contribuent à ce fonds d’aide. L’initiative démarre avec un premier don municipal de 10 000 $, aussitôt égalé par la Caisse Desjardins de la Région de Saint-Hyacinthe, a informé M. Corbeil. L’Évêché de Saint-Hyacinthe y a également contribué. Question d’être cohérent, le maire a invité les donateurs à ne pas se déplacer en envoyant un chèque par la poste ou en faisant un virement interac en ligne auprès d’une institution financière. Les modalités de paiement sont détaillées sur le site web de la Ville.

Ce fonds sera administré par un comité formé de représentants de la Ville, du Centre de bénévolat et du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Est. Le communiqué municipal indique aussi que l’argent pourra servir plus largement à « soutenir les organismes communautaires qui aident les plus vulnérables ».

Don en temps et en argent

Après avoir encouragé la population au bénévolat la semaine dernière, Claude Corbeil fait maintenant appel à la générosité de ses concitoyens. La Municipalité, elle, n’hésite pas à contribuer sur les deux tableaux puisqu’elle a récemment « réaffecté » certains de ses employés pour épauler des organismes communautaires, a aussi annoncé le maire cette semaine. En date de mercredi, cinq employés étaient ainsi déployés, a informé la directrice des communications de la Ville, Brigitte Massé, qui indiquait toutefois que la situation est hautement évolutive et que ce nombre était appelé à changer en fonction des besoins.

Autre façon toute simple d’aider dans le contexte actuel : « on reste sagement à la maison et on garde espoir », a conseillé M. Corbeil. À la demande du COURRIER, le maire est revenu sur les directives émises la semaine dernière par la Ville quant à la fermeture des aires de jeux et d’autres espaces extérieurs, se disant « assez satisfait » du respect des consignes, malgré d’inévitables « exceptions ». De nombreuses affiches et rubans ont d’ailleurs été installés la semaine dernière. « On a sécurisé ce qu’on a pu. Pour le reste, on s’en remet au gros bon sens des gens », a-t-il commenté.

Dans son allocution, il a cependant reconnu que la Ville recevait de nombreux signalements de non-respect du décret gouvernemental réduisant les activités à ce qui est essentiel. « N’obligez pas la Sûreté du Québec à intervenir pour faire respecter le gros bon sens », a-t-il averti. Quant à la question des bancs de parc, la directive de ne pas les utiliser demeure en vigueur, a indiqué le maire, en dépit des propos allant en sens contraire de la part du directeur national de la santé publique, Horacio Arruda. « Si on n’y touche pas du tout, on a encore moins de risque d’attraper le virus », a raisonné Claude Corbeil.

Période de questions à distance

D’ici là, la vie municipale continue en mode « services essentiels » et une séance du conseil se tiendra comme prévue le lundi 6 avril, mais à huis clos en raison de la pandémie. Ce sera la deuxième fois, après celle du 16 mars. Pour maintenir un certain droit de parole à la population, le maire a annoncé que les citoyens pourront envoyer leurs questions au conseil à l’avance en remplissant un formulaire sur le site de la Ville, à la page « Séances publiques ».

Ce procédé remplacera la période de questions du public. M. Corbeil a assuré au COURRIER que le conseil ne ferait pas une sélection des questions, mais qu’elles seraient tout simplement lues dans l’ordre. La durée maximale de 30 minutes tient toujours, a quand même fait savoir le maire.

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