25 avril 2013
Le gros bon sens
Par: Martin Bourassa

Puisque l’environnement est à la mode cette semaine, jour de la Terre oblige, voici une petite macédoine du jeudi inspirée par de récentes nouvelles parues dans Le COURRIER, en lien direct avec la nature.

Mais avant tout une mise au point.Si je me préoccupe comme plusieurs d’environnement, c’est-à-dire moyennement, je ne suis pas insensible aux questions du réchauffement de la planète, de la pollution, de l’état des rivières, des gaz de schiste, des sables bitumineux, etc. Contrairement aux David Suzuki, Steven Guilbeault et plus près de nous Jacques Tétreault, ce n’est pas ma religion. Je pratique peu ou pas assez, mais j’ai la foi.Cela dit, il me semble que n’importe quel être équilibré ne peut qu’être d’accord avec la démarche structurée des groupes environnementalistes et des autorités municipales de Saint-Jude dans le dossier de la prospection gazière par fracturation hydraulique.Ces gens demandent à Québec que ce petit village que nous connaissons bien soit interdit de fracturation hydraulique de façon permanente.Pas pour deux, dix ou 20 ans. Ad vitam aeternam. Pour l’éternité.Cette demande n’est certainement pas déraisonnable. Surtout pas pour les gens qui ont vu les images hallucinantes du glissement de terrain qui a défiguré la verte campagne de Saint-Jude en mai 2010, il y aura bientôt trois ans. Un glissement de terrain qui a traumatisé bien des gens et fait quatre innocentes victimes qui ont eu le malheur de se trouver à la mauvaise place au mauvais moment.Le gros bon sens impose aux autorités gouvernementales de répondre positivement à cette demande et impose aux gazières de trouver un autre terrain de jeu.Par respect envers la nature. Par respect aussi envers les victimes, celles passées et celles qui continuent de vivre avec la peur au ventre.On sait maintenant à Saint-Jude de quoi la nature est capable et ça fait peur.À Saint-Hyacinthe, un petit vent d’incertitude a soufflé sur le projet de biométhanisation quand la Régie de l’énergie a dégonflé la baloune de Gaz Métro, partenaire obligé de la Ville de Saint-Hyacinthe pour la commercialisation du gaz produit localement.Un mal pour un bien a dit la Ville puisqu’elle pourrait obliger un nouveau partenariat qui éviterait que l’on doive racheter de Gaz Métro l’énergie que nous produisons.Encore une fois, le gros bon sens commande une solution plus logique.On ne sait pas encore trop quelle sera l’incidence financière de la décision de la Régie face à Gaz Métro. Il n’est pas exclu que la Ville doive investir un peu plus de sa poche.Au point où on en est, après tous les millions que nous avons investis dans la mise en place de toute cette technologie, nous ne pouvons plus reculer.L’avant-bras est dans l’engrenage jusqu’au coude et l’épaule pointe à l’horizon.Au pire, l’autofinancement du projet sera retardé d’un an ou deux, selon la Ville.J’espère seulement que l’on n’essaie pas de nous endormir avec ça.On va donc vivre d’espoir et rester vigilant. Ce n’est pas le temps de dormir au gaz.

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