29 octobre 2020
Le gros rock de Gros Soleil
Par: Maxime Prévost Durand

Formé d’anciens membres des Truands, le groupe rock Gros Soleil vient de faire paraître son tout premier album Occulture populaire. Photo Camille Gladu-Drouin

Un nouveau jour s’est levé pour trois anciens membres du groupe maskoutain Les Truands, qui sont réunis à nouveau, plusieurs années plus tard, avec un autre musicien sous le nom Gros Soleil. Et cette nouvelle formation n’a qu’un but : faire rayonner le rock à l’état brut.

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Leur premier album, Occulture populaire, vient tout juste de paraître sur l’étiquette Indica et fait déjà grand bruit alors que la plupart des grands médias en ont parlé. Un buzz qui surprend même les membres du groupe, mais qui témoigne à quel point le rock dans sa forme la plus pure a encore sa place dans le paysage musical québécois.

« Sur Spotify, on a déjà dépassé les 5000 clics, et ça c’est seulement pour Spotify, parce qu’il y a aussi d’autres plateformes d’écoute », s’enthousiasme Dominic Lamoureux, chanteur et guitariste de Gros Soleil.

Le groupe est formé du musicien de Saint-Hyacinthe et de son frère Frédéric, à la batterie, ainsi que d’un autre ex-Truands, le Maskoutain Christian Boileau, à la basse. Un petit nouveau, le Montréalais Sébastien Boucher, s’est ajouté au trio avec ses guitares.

« Il n’y a comme pas de rock dans notre genre en français en ce moment. C’est soit plus soft ou plus heavy [vers le style métal], tandis que notre créneau, c’est du rock classique », soutient Dominic Lamoureux.

Ici, Gros Soleil ne réinvente pourtant pas la roue. On entend d’ailleurs très bien leurs influences, qui peuvent aller des White Stripes à Led Zepplin, en passant par Black Sabbath, Alice Cooper et même les Beatles.

« On prend nos influences sans gêne, sans prétendre que ça vient de nous et on met tout ça dans le même blender et ça donne Gros Soleil. Dans une même chanson, on peut déceler des influences de Franz Ferdinand, des Pixies et de Nirvana. On s’est vraiment pété un trip de création qui a laissé parler nos influences et notre créativité », explique Dominic Lamoureux.

Ce dernier signe également les textes, qu’il a truffés de références à la culture populaire. Les plus attentifs pourront trouver des clins d’œil à Diane Dufresne, aux Colocs et à Richard Desjardins, notamment.

La réunion

Maintenant âgés dans la quarantaine pour la plupart, les membres de Gros Soleil n’étaient pas destinés à renouer avec la musique de cette manière après avoir mis un terme à leur groupe précédent, Les Truands, il y a une douzaine d’années de cela. La vie les avait amenés ailleurs : une femme, des enfants, etc.

« À un moment donné, la blonde de Christian lui a dit : tu devrais avoir un band juste pour le fun, pour jammer. Il nous en a parlé et c’est comme ça qu’on s’est mis à rejouer ensemble. »

Ils ont loué un local à Montréal pour saluer cette réunion, au cours de laquelle ils ont replongé dans les chansons des Truands. « Mais on s’est aussi mis tout de suite à écrire de nouvelles tounes et on les trouvait encore meilleures que les autres. On a tripé tellement qu’on a reloué le local une deuxième, une troisième et une quatrième fois », raconte Dominic Lamoureux en riant.

Presque au même moment, l’équipe du (feu) festival Agrirock leur demandait, pour une énième fois, s’ils voulaient faire un spectacle retour des Truands. Ils ont finalement accepté, en 2017, à une condition : qu’ils puissent jouer de nouvelles chansons également.

Ce spectacle, offert devant un Zaricot bondé, a rallumé l’étincelle pour de bon et a véritablement donné son envol à Gros Soleil. « Ça nous a donné le goût de recommencer. On s’est dit : pourquoi pas. On était rendus là dans nos vies. »

Pourquoi ne pas avoir simplement repris le nom Les Truands? Simplement parce qu’ils se sont permis, cette fois, d’aller encore plus loin musicalement et que le style ne correspondait plus complètement à celui de leur ancien groupe.

Ils ont donc continué à travailler sur ces nouvelles chansons, dont les premières ont été dévoilées l’an dernier sous la forme d’un EP indépendant. Lors du lancement, au Quai des brumes de Montréal, l’étiquette de disque Indica les a remarqués et on connaît maintenant la suite, aussi agréable qu’inespérée pour le quatuor.

« Notre album sort même sur vinyle », s’exclame Dominic Lamoureux, débordant de joie à l’idée de pouvoir écouter la musique de son groupe sur cet objet vintage.

Si la pandémie leur a permis d’avoir un peu plus de temps avant la sortie de l’album, prévue d’abord en juin, les gars devront maintenant s’armer de patience avant de pouvoir jouer leur album sur scène. Au moins, les gens auront le temps d’apprendre les paroles des chansons d’ici là, tentent-ils de se consoler.

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