16 juillet 2020
Quartier M
Le Groupe Robin sollicite des appuis
Par: Rémi Léonard

Les terrains sur lesquels doit être érigé le Quartier M dans les prochaines années à Saint-Hyacinthe, entre l’avenue des Grandes-Orgues et la rue Girouard Est. Photo Françcois Larivière | Le Courrier ©

Emboîtant le pas aux opposants à son projet immobilier dans le district Bois-Joli, le Groupe Robin a amorcé ses propres démarches pour recueillir des appuis parmi les résidents du secteur. Déjà 70 ont signé une demande de renonciation à la tenue d’un scrutin référendaire, a confirmé au COURRIER la présidente de l’entreprise, Nellie Robin.

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Confiante que son projet rallie davantage qu’il déplaît, elle a l’intention de déposer ces signatures à l’hôtel de ville pour faire débloquer la modification de zonage mise à l’arrêt par la mobilisation citoyenne (par ailleurs présentée dans nos pages la semaine dernière). Pour réussir, cette démarche doit toutefois être appuyée par une majorité des personnes habiles à voter dans la zone concernée. En début de semaine, la Ville a confirmé que le seuil à atteindre dans ce cas précis se situe à 53 [Erratum : dans la version papier de ce texte, le nombre indiqué était 104. C’est une erreur de notre part puisqu’il s’agit en fait du nombre total de personnes habiles à voter dans la zone. La majorité se situe donc à 53. Nos excuses]. En toute logique, si plus de la moitié des électeurs sont en faveur du projet, le scrutin référendaire devient par le fait même caduc.

Bien que peu connue, cette démarche, aussi appelée « pétition positive », est bel et bien inscrite dans la Loi sur les élections et les référendums dans les municipalités et il s’agit donc d’un processus tout à fait « légal et démocratique », a spécifié Mme Robin. Dans son porte-à-porte, la présidente du Groupe Robin dit par ailleurs recevoir beaucoup de commentaires positifs sur le Quartier M.

Démarche collaborative

Elle a aussi rappelé que son projet, en planification depuis l’automne 2018, a déjà intégré en amont l’apport de la communauté par la présence d’un citoyen de la zone ainsi que des représentants de Saint-Hyacinthe Technopole, du Comité des citoyens et citoyennes pour la protection de l’environnement maskoutain, de l’École professionnelle de Saint-Hyacinthe et bien entendu de la Ville, tous impliqués entre autres dans des ateliers de « cocréation ». Après un an et demi de démarches, Nellie Robin juge avoir fait ses devoirs dans ce dossier en matière d’acceptabilité sociale.

Elle a aussi soutenu qu’il s’agit d’un projet porteur pour la communauté maskoutaine dans son ensemble, ne serait-ce qu’en raison du « besoin collectif pour du logement à Saint-Hyacinthe ». Elle assure d’ailleurs vouloir garder en tête le principe « d’abordabilité » des logements dans ce projet. La femme d’affaires a aussi vanté un quartier conçu selon les principes du développement durable et des espaces dont pourra bénéficier le voisinage, par exemple en matière de pistes cyclables et d’autres installations de loisirs.

Enfin, Nellie Robin a tenu à spécifier qu’elle avait par trois fois rencontré les citoyens du secteur, dont ceux mobilisés contre son projet, et que contrairement à leur affirmation, elle assure avoir fait des compromis à la suite de ces discussions. Plus précisément, elle affirme avoir proposé de ramener le nombre d’étages d’un des immeubles à trois au lieu de quatre en façade, d’en changer le positionnement pour l’éloigner de la rue, de retirer douze cases de stationnement extérieur à cet endroit et de transformer l’espace prévu pour l’agriculture urbaine en un boisé en bordure de l’avenue des Grandes-Orgues.

Nellie Robin a tout de même expliqué qu’il y a une limite à réduire la densité des immeubles projetés tout en conservant le stationnement souterrain qui est prévu. Elle dit craindre qu’en abaissant davantage le nombre d’étages et en transférant ces cases de stationnement à l’extérieur, on ne se retrouve avec un « développement plus conventionnel », ce qui n’est pas la vision voulue pour le Quartier M, a-t-elle fait valoir.

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