18 juin 2020
Forum
Le hockey mineur, un loisir ou une vocation?
Par: Le Courrier

J’ai révisé cette semaine les choix des formations de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). La ville de Saint-Hyacinthe a près de 60 000 habitants et un bon bassin régional pour son hockey mineur. À moins d’erreur, je n’y ai vu qu’un seul jeune provenant de cette association qui a été sélectionné en la personne de Charles-Édouard Grenier, au 126e rang par Rimouski… J’en profite ici pour féliciter Charles-Édouard et lui souhaiter un beau et fructueux séjour dans le Bas-Saint-Laurent.

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Mais surpris et déçu de cette situation, je m’interroge. En effet, de nos jours, en notre hockey mineur, il y a une kyrielle d’équipes de niveau « Élite » qui sillonnent la région et la province pour « faire » du hockey. Mais là, on ne peut que constater, à la suite de ce repêchage 2020, la maigre contribution qu’il en a résulté pour notre ville au junior majeur.

Il y a quelques décennies, en notre hockey maskoutain, il n’y avait qu’une équipe AA par catégorie, mais les joueurs et instructeurs étaient transportés en autobus pour les joutes à l’extérieur. Pourtant, malgré ce noyau plus restreint de candidats, bon an mal an, Saint-Hyacinthe et sa région immédiate voyaient chaque année quelques jeunes être sélectionnés par le junior majeur du Québec, qui comptait alors beaucoup moins de formations.

Ainsi, je crois qu’en cette pandémie qui nous force à revoir bien des façons de faire, il est venu le moment de revoir le fonctionnement de notre hockey mineur, que ce soit à Saint-Hyacinthe ou ailleurs au Québec. Selon moi, on devrait limiter le nombre de ces équipes « élites », lesquelles demandent à bien des parents et leurs familles de puiser dans leurs goussets profondément et dans leur temps hors travail et favoriser la pratique du hockey d’une manière plus simple et facile.

Au fond, notre hockey devrait être considéré pour ce qu’il doit être, un loisir, car pour 99,9 % des jeunes, c’est ce qu’il est et sera.

En ces temps où l’on se préoccupe de plus en plus d’environnement et de la qualité de la vie, tous ces déplacements d’une ville à l’autre, d’une région à l’autre, pour cette joute qu’est le hockey, sont-ils encore si nécessaires? Est-ce bien cela qui assure toute la raison d’être de notre sport national?

Il ne s’agit pas ici de ne plus rien faire, car l’élitisme doit exister. Laissons à cette infime minorité de bons talents le soin d’en faire une vocation.

Mais pour la majorité de nos jeunes hockeyeurs, il serait temps de remettre les priorités à la bonne place et de faire mieux avec ce qu’on a plus près de chez nous!

Jacques P. Morin, Saint-Hyacinthe

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