16 juillet 2020
Carte blanche
Le jeu
Par: Christian Vanasse
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En vacances familiales, l’option « jeu de société » signifie que toutes les autres possibilités d’avoir du fun ont lamentablement échoué. Comme des shooters de crème de menthe verte, le potentiel de malaise est plus élevé que le plaisir possible.

Facque au chalet, à la pluie, sans internet ni crème de menthe verte, le top de la journée parfaite, c’est ma mère qui dit : « Hon, est-ce qu’on joue à un jeu de société? » Ma sœur répond la première, trop enthousiaste pour être sincère. Mon frère approuve mollement avec l’air du gars qui met sur pause son projet de brûler le chalet pis mon père émet un son à mi-chemin entre « Oui », « Non » pis « Petsi-Diet ».

Je me lève en sachant déjà ce que je vais trouver dans l’armoire à jeu : de la déception mal empilée. Premièrement, les rongeurs ont épargné Jour de Paye. Ensuite, pas question de jouer à Twister, pour des raisons évidentes de santé mentale. Risk? Pourquoi gaspiller deux heures pour déclencher une guerre fratricide quand deux minutes suffisent? Notre seul paquet de cartes en a 47 dont 3 de UNO pis dans Clue, le colonel Moutarde a été déchiqueté par une souris dans la chambre d’amis.

Je referme la porte sur nos espoirs quand ma mère lance un improbable : « Pis si on s’inventait un jeu? » L’idée était tellement absurde qu’elle a fonctionné. On a mélangé tous les jeux pis les règles. Aucune idée de qui a gagné ou comment pis c’est pas grave. Juste un souvenir familial inoubliable.

La vie est un jeu qu’il ne faut pas trop prendre au sérieux. Des fois, il manque des cartes, ou des morceaux, pis faut faire autre chose que ce qui est suggéré sur la boîte. Mais rien ne sera plus amusant que ce qu’on peut créer soi-même.

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