19 mars 2020
Pandémie
Le jour J
Par: Martin Bourassa

Pas plus tard que la semaine dernière dans le pissenlit de la semaine, nous écrivions que cette pandémie de coronavirus allait sans doute marquer l’histoire de l’Humanité avec un grand H. Qu’il y aurait un avant et un après COVID-19.

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Ce qui semblait prophétique comme annonce s’est rapidement confirmé. Le jour de bascule entre un discours alarmiste et abstrait et une pandémie mondiale aux effets redoutables s’est produit le 13 mars quand le premier ministre François Legault a levé le ton et annoncé des mesures draconiennes dans l’espoir d’éviter le pire et d’aplanir la fameuse courbe de l’épidémie.

En imposant la fermeture des écoles pour au moins deux semaines, en recommandant de suspendre les grands rassemblements et en demandant aux voyageurs de se mettre en retrait de la vie active pour 14 jours, il s’est montré responsable et digne d’un bon chef d’État. Bien entouré par la ministre de la Santé et le directeur national de la santé publique, la grande révélation de cette crise jusqu’à présent, il a su trouver les bons mots et le bon ton. En bon père de famille. On sentait que l’heure était grave, mais qu’il y avait un pilote en contrôle aux commandes de l’État. Tout le contraire du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, qui semble dépassé par les événements et accorder beaucoup plus d’importance à la forme qu’au contenu de ses déclarations. Legault est en train de gagner ses prochaines élections sous nos yeux; Trudeau de démontrer qu’il n’a pas l’étoffe d’un grand premier ministre.

Dans ce genre de crise, il est sans doute préférable d’en faire trop que pas assez. Un peu confus le premier jour, François Legault s’est vite raplombé. Il a surtout été entendu, même si ses demandes bousculent nos vies et nos habitudes. Mais si c’est le prix à payer pour venir à bout de cette cochonnerie de COVID-19, ça peut aller. Mais la bataille sera dure et longue.

Mais il faut suivre les directives de la santé publique à la lettre, même si cela peut sembler exagéré aux yeux de certains. Les disproportions dans les statistiques de contamination seront vite au rendez-vous si nous ne modifions pas, ne serait-ce que temporairement, nos habitudes individuelles et collectives. Ce n’est pas évident, mais sans cela, nous n’en sortirons pas. Il faut agir sur ce que nous pouvons contrôler.

Parlant de contrôle, il y a de quoi être fier des réactions responsables des Maskoutains jusqu’ici. Nous n’avons pas été témoins de grands débordements dans les épiceries et commerces. Les municipalités, les services publics, les entreprises, les commerçants et les organismes communautaires ont réagi de façon exemplaire. Inspirante même. Espérons que cela va durer. Il n’est pas dit, loin de là, que nous serons tirés d’affaire dans une semaine ni même un mois. Loin de là.

Il faudra retenir quelques précieuses leçons de salubrité, de civisme et de solidarité. Les mettre en application et les conserver à jamais. Les virus et les coronavirus ont la couenne dure et il y en aura d’autres. Mais inutile de s’exciter pour du simple papier de toilette!

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