21 avril 2016
Le Marathon de Saint-Hyacinthe (1)
Par: Le Courrier
Bien positionné devant le marché, le photographe Raymond Bélanger réalise cette photographie de Gérard Côté lors du Marathon de Saint-Hyacinthe, en 1948. Photo Collection Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH548.

Bien positionné devant le marché, le photographe Raymond Bélanger réalise cette photographie de Gérard Côté lors du Marathon de Saint-Hyacinthe, en 1948. Photo Collection Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH548.

Alors que la course à pied est populaire

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Une des facettes les moins connues de Gérard Côté est qu’en plus de briller sur la scène internationale, cette grande ­vedette a consacré une bonne partie de sa vie à organiser une épreuve de course à pied dans les rues de notre ville. Cette épreuve, qui s’est déroulée de 1947 à 1975, portait le nom de Marathon de Saint-Hyacinthe. Au cours des prochains articles de la chronique « Histoire d’ici », nous allons donc tracer le portrait de cette compétition qui a fait en sorte que Saint-Hyacinthe a été la capitale de la course à pied au Québec au cours des ­décennies 1950 et 1960.

Saint-Hyacinthe, capitale de la course à pied? L’expression peut sembler un peu forte. Cependant, pour celui qui ­s’intéresse à l’histoire de cette discipline sportive, la conclusion est évidente : nulle autre ville québécoise n’a été en mesure de présenter un évènement d’une telle envergure au cours de la période d’après-guerre. Au Québec, la révolution du jogging qui survient au cours de la ­décennie 1970, la tenue des Jeux ­olympiques, en 1976, et la présentation du premier Marathon de Montréal, en 1979, font en sorte que Montréal redevient la plaque tournante de la course à pied au Québec. Mais auparavant, c’est dans notre ville que les ­meilleurs coureurs nord-américains se donnaient rendez-vous.

Fort d’une activité culturelle riche qui se diffuse à grande échelle (pensons au cinéma de la « Quebec Production », à la Bonne Chanson, aux Jeunesses musicales et aux groupes de musique yéyé), Saint-Hyacinthe se démarque ­également sur la scène sportive avec le Marathon de Saint-Hyacinthe. À preuve, disons simplement que le championnat canadien du marathon, une épreuve de 42,2 km, s’est tenu à six reprises à Saint-Hyacinthe au cours des ­années 1950 et 1960.

Une épreuve en raquettes

Lors des trois premières années de son existence, le Marathon de Saint-­Hyacinthe est une course en raquettes de 10 milles (16 kilomètres). L’affaire débute à la fin de l’année 1946, alors que le club de raquetteurs maskoutains « Yamaska » donne une fête en l’honneur de Gérard Côté qui vient de remporter une troisième victoire à Yonkers, ce qui fait de lui le champion américain. Quelques ­semaines plus tard, les journaux locaux annoncent qu’une grande épreuve ­d’endurance en raquettes, le Marathon de Saint-Hyacinthe, sera courue dans les rues de notre ville le 18 janvier. Cet évènement sera organisé par Gérard Côté pour le compte du club de raquetteurs « Yamaska », dont le président est le fleuriste Césaire Vermeersch.

Le parcours de cette épreuve est le ­suivant : départ sur la rue Cascades en face du marché; pont Barsalou vers La Providence; rue Saint-Pierre vers Saint-­Joseph jusqu’à la rue Saint-Louis; pont Bouchard et retour vers le marché. Pour compléter la distance, les athlètes doivent faire le tour des « trois ponts » à cinq reprises, ce qui permet à la foule massée au centre-ville et ici et là le long des rues de voir la progression des raquetteurs.

Pour assurer le succès de l’évènement, Gérard Côté fait appel à ses amis pour ­former une équipe de bénévoles ­réunissant les Maurice Bienvenue, Paul Picard et quelques autres. La course est homologuée par l’Union canadienne des raquetteurs. On compte sur la présence du maire Ernest-O. Picard accompagné du député fédéral Joseph Fontaine et du député provincial Ernest-J. Chartier qui « donneront tour à tour le signal de départ des divers concurrents qui, on le sait, jouiront d’une avance de deux à six ­minutes sur leurs plus dangereux rivaux, les fameux Gérard Côté, de Saint-­Hyacinthe, et Lloyd Evans, de Montréal, qui partiront les derniers », note le rédacteur du Clairon du 10 janvier 1947.

En soirée, on organise une réception officielle en l’honneur des participants au Club nautique, où se trouve le local du « Yamaska ». Puisqu’il s’agit d’une course amateur, on ne remet pas de bourse en argent, mais une variété de prix : rasoir, fer, cadran, lampe et chaufferette ­électriques, coffret de 1 000 cigarettes, boite de 50 cigares, des pantoufles et une descente de bain, un cendrier, une pipe de bruyère, un cendrier, une cravate et une plume de marque Parker. À suivre…

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