12 mai 2016
Le Marathon de Saint-Hyacinthe (4)
Par: Le Courrier
Lors du championnat canadien du marathon de 1952, l’Américain Edo Romagnoli prend la mesure de Gérard Côté pour terminer en deuxième position.  Coll. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH193.

Lors du championnat canadien du marathon de 1952, l’Américain Edo Romagnoli prend la mesure de Gérard Côté pour terminer en deuxième position. Coll. Centre d’histoire de Saint-Hyacinthe, CH193.

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Le championnat canadien de 1952

Le 3 mai 1952, quelques heures avant le début de la course couronnant le champion canadien et désignant les ­marathoniens qui porteront les couleurs du Canada aux Jeux olympiques d’Helsinki, le Dr Hervé Gagnon, confortablement installé à l’hôtel ­Bessette de Marieville, examine tous les coureurs. Alors que le médecin s’active et que les coureurs se préparent, la foule converge vers le point de départ. L’estrade d’honneur accueille les dignitaires et les officiels de la course. Lorsque Raoul Daigneault, maire de ­Marieville, donne le signal du départ, un peloton formé de 37 coureurs s’élance en direction de Rougemont.

Au premier poste de ravitaillement, ­Lionel Nesbitt, de Toronto, occupe la ­position de tête. Il est suivi par un groupe de cinq coureurs formé de Paul Collins, Bill Sheridan, Lloyd Evans, George Crane et Gérard Côté. Peu après le passage du huitième kilomètre, Paul Collins, le champion canadien en titre, s’empare de la première place. Tout au long du parcours, il refuse l’eau et les oranges ­offertes par les bénévoles. Sur les routes de campagne, Gérard Côté passe de la quatrième à la troisième place. Lorsqu’il arrive à Saint-Hyacinthe, il occupe la deuxième position.

Les coureurs doivent alors effectuer 17 tours du parc Dessaulles. Grâce à des efforts soutenus, Edo Romagnoli, un ­robuste policier de New York, parvient à dépasser le Maskoutain. Paul Collins franchit le fil d’arrivée, suivi de l’Américain et du Maskoutain qui termine la course en 2 h 49 min 18 s, à quatre minutes du champion. Malgré tout, la joie est palpable au sein de l’entourage du héros local. Il a atteint son objectif, car une deuxième position chez les Canadiens laisse présager une participation aux Jeux olympiques d’Helsinki.

Au terme de ce marathon, neuf ­coureurs ont abandonné, tandis que les temps d’arrivée varient entre 2 h 45 et 4 h 15. Après l’épreuve, la Commission industrielle et la Chambre de Commerce de Saint-Hyacinthe convient tous les ­participants et bénévoles à une réception, où l’on effectue la remise des médailles et de nombreux prix généreusement offerts par des commerçants de Saint-Hyacinthe et de Marieville.

Le Marathon de Saint-Hyacinthe 1952-1956

Au cours de cette période, la distance de l’épreuve est de 12 milles (19,2 km). Selon le journaliste du Courrier, publié le 14 octobre 1955, la course sanctionnée par l’Union athlétique amateur du Canada, depuis 1952, est disputée pour le championnat du Canada de la distance.

En 1952, Gérard Côté remporte l’épreuve avec une certaine facilité, puisqu’un maigre peloton de onze ­coureurs participe à cette course qui ­couronne également le champion provincial. L’année suivante, en plus d’organiser le Marathon de Saint-Hyacinthe, Côté présente une course de 5 milles (8 km) à la fin de l’hiver pour couronner le champion de Saint-Hyacinthe. À cette époque, le vétéran coureur veut trouver un jeune athlète qui pourra assurer sa relève. Ainsi, le gagnant du 5 milles, en l’occurrence le jeune ­Roland Hamelin, a l’occasion d’accompagner Gérard Côté lors de son séjour pour le marathon de Boston qui a lieu quelques semaines plus tard.

À l’automne, le Marathon de Saint-Hyacinthe reprend du galon alors que 36 athlètes participent au championnat provincial. Pour la première fois, une équipe de Radio-Canada est sur place et tourne des images qui seront diffusées au canal 2. Les journaux mentionnent qu’une foule estimée à 15 000 personnes assiste à la deuxième victoire de Gérard Côté. La lutte est plus serrée qu’en 1952, puisque Côté termine avec seulement quelques secondes d’avance sur Nicola Marrone des Francs Amis de Montréal. Mais les efforts du Montréalais portent fruit en 1954 alors qu’il remporte la ­victoire de l’épreuve maskoutaine.

En 1955, au terme de cette épreuve ­réunissant 34 concurrents, le podium est formé par Roland Michaud, de Montréal, Antonin T. Diamond, de Buffalo et George Norman, de Toronto. Fait intéressant à noter, Michaud, avec un chrono de 1 h 3 min 31 s, réalise le record du Marathon de Saint-Hyacinthe pour la distance de 12 milles.

La course de 1956 est particulière, puisque Gérard Côté prend sa retraite au terme de l’épreuve. Pour l’occasion, la course se tient de Sainte-Madeleine à Saint-Hyacinthe, reprenant ainsi le trajet couru par le Maskoutain à sa première compétition. Bien qu’il ­termine en 15e position, Côté réalise un meilleur temps que lors de sa première prestation, en 1931. Quant aux participants, ils proviennent désormais du Québec, de l’Ontario, de l’Alberta et du Nouveau-Brunswick. À suivre…

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