14 décembre 2017
Sylvie L. Simoneau : chef mentor 
Le mentorat : accompagner le mentoré là où il veut aller
Par: Le Courrier
Sylvie L. Simoneau

Sylvie L. Simoneau

Suivant les traces de son père et de son grand-père, Sylvie L. Simoneau reprend l’affaire familiale de transport avec ses frères et sœurs, en 1990. Un DEC en sciences humaines en poche, elle apprend sur le terrain le « gros bon sens », le leadership et la gestion de 27 véhicules. Quinze ans plus tard, la compagnie va très bien et, lors de sa revente, elle compte 45 camions. Sylvie L. Simoneau nourrit alors l’envie de faire du coaching, forte de son expérience de rigueur et de transfert d’entreprise. En contactant le DEM, elle découvre la cellule de mentorat. C’est ce qu’elle recherchait. « Grâce au mentorat, je suis dans l’action sans avoir les mains dedans. »

Entre écoute et conseils
Pour mener à bien des projets de lancement d’entreprise ou de développement, il est important de faire les bons choix. Discuter avec un mentor permet au mentoré de trouver ses propres solutions. « Le rôle du mentor, en premier, c’est de soutenir le bien être du mentoré et non pas de régler les problèmes à sa place.
Il est là pour l’aider à les résoudre lui-même, en nourrissant sa réflexion. Souvent, juste parler à quelqu’un et réfléchir à haute voix permet de débloquer soi-même une situation. »
L’entrepreneur est souvent isolé et quand il rencontre des difficultés ou a des questionnements, ce n’est pas l’idéal d’en parler à la famille et de ramener l’entreprise à la maison. Le mentor est là pour ça : l’accompagner. Il peut, par exemple, aider à présenter un projet ou une demande de refinancement, rassurer l’entrepreneur sur le déroulement des choses, le faire focuser sur une analyse sérieuse pour éviter qu’il ne s’éparpille. « Faire du mentorat, c’est partager ses expériences (10 %) et écouter (90 %). Un mentor donne des points de réflexion, mais c’est toujours le mentoré qui prend les décisions. »
Confiance et confidentialité
Une dyade (mentor/mentoré) dure en moyenne un à deux ans. Mais il n’est pas rare que la relation de confiance et les échanges perdurent par la suite. Pour que ce lien soit solide et efficace, il est important que le mentor ait de l’écoute, de l’humilité et une belle expérience entrepreneuriale. De l’autre côté, le mentoré doit lui aussi avoir une oreille attentive, le goût de partager et surtout être déterminé à réussir.
La confidentialité et le droit à l’anonymat sont aussi les pierres d’assise du mentorat. Parfois, certains entrepreneurs ne veulent pas divulguer qu’ils sont mentorés, par peur que l’on assimile cet accompagnement à un moyen de « combler des faiblesses ». « Il ne faut pas avoir cette vision du mentorat, car c’est un système qui a fait ses preuves et qui fait une différence. » La plus grande fierté de Sylvie L. Simoneau, c’est de réussir à établir ce lien de confiance et de pouvoir aider ses mentorés à trouver leurs solutions. « Le respect est très important. Il ne faut pas amener la personne à une place où elle n’est pas à l’aise : il faut l’accompagner là où elle veut aller. »

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