9 janvier 2020
Centre-ville
Le milieu communautaire affiche sa vision
Par: Rémi Léonard

De nombreux organismes communautaires maskoutains ont un pied-à-terre au centre-ville, dont une bonne partie au 1195, Saint-Antoine. Photo François Larivière | Le Courrier ©

Acteur de premier plan dans le secteur du centre-ville, le milieu communautaire s’est maintenant doté d’une vision commune sur l’avenir du quartier, un exercice réalisé dans la foulée des travaux du chantier centre-ville.

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Ce comité mis sur pied par la Ville de Saint-Hyacinthe doit servir d’espace de réflexion pour alimenter la démarche entourant l’élaboration du futur plan particulier d’urbanisme du centre-ville. C’est dans ce contexte, et sous l’impulsion de la Corporation de développement communautaire (CDC) des Maskoutains, qu’un document présentant la « vision sociale » des organismes communautaires a été rendu public à l’automne 2019. Le milieu voulait ainsi s’assurer de « transmettre les préoccupations et les besoins des citoyens auprès des principaux intervenants politiques, économiques et institutionnels », ont présenté Mandoline Blier et Simon Proulx, respectivement présidente et directeur général de la CDC.

Ces énoncés ont été rédigés à partir d’un processus de consultation participative qui a été ouvert à l’ensemble du milieu communautaire, a précisé la CDC. Se déclinant en trois volets, le mémoire présente ainsi leurs considérations, leurs préoccupations et, finalement, les recommandations issues de cet exercice.

Parmi les considérants, les organismes tiennent d’abord à mettre en lumière leur rôle et leur participation au développement socioéconomique du secteur. Ils font effectivement partie intégrante du milieu et ne vivent pas en vase clos, une évidence que se doit tout de même de rappeler M. Proulx. À l’heure actuelle, 29 organismes sont situés directement au centre-ville de Saint-Hyacinthe, regroupant une centaine de personnes employées ou bénévoles, est-il recensé. Ils œuvrent, entre autres, dans la défense de droits, l’accompagnement psychosocial, l’action bénévole, l’entraide ou le soutien auprès de divers segments de la population.

Les organismes préconisent également l’éducation populaire autonome et ont un « rôle essentiel » à jouer pour « informer et outiller » adéquatement la population concernée par les enjeux découlant de la revitalisation du centre-ville.

Préoccupations

Le document dresse ensuite la liste des préoccupations principales du milieu communautaire, marquées en prédominance par la question du logement. Le risque « bien réel » d’embourgeoisement, l’accessibilité à des logements abordables et adaptés ainsi que le phénomène de délocalisation sont autant d’enjeux étroitement surveillés par les organismes dont la vision est présentée dans ce mémoire. L’accessibilité « physique » est aussi souhaitée pour les personnes à mobilité réduite, tout comme l’accès à des commerces de proximité.

L’inclusion sociale est également une valeur clairement identifiée, au sens où la revitalisation du centre-ville doit « permettre à des personnes issues de milieux sociaux différents de cohabiter dans le même quartier ». On parle ici d’une « réelle mixité sociale » avec un avertissement clair au danger que cette expression soit « galvaudée afin de privilégier l’arrivée d’une population bien nantie » dans le secteur.

Le milieu communautaire s’inquiète par ailleurs de la destruction éventuelle d’immeubles au centre-ville, et en particulier des répercussions sur les résidents actuels, comme la délocalisation par exemple. « Nous voulons un milieu de vie inclusif, accessible, à dimension humaine, qui favorise la diversité, l’écoresponsabilité, le logement social et abordable, les commerces de proximité, les espaces verts, le transport actif et collectif ainsi que l’implication citoyenne », est-il résumé en substance.

Recommandations

Dans cette optique, le milieu soumet une série de recommandations en pleine conformité avec ses préoccupations. La revitalisation du centre-ville devra nécessairement intégrer la création de logements sociaux et abordables, est-il d’emblée suggéré, sans aller jusqu’à exiger un quota défini. Il est aussi proposé de mieux diffuser le programme de subvention pour l’amélioration de l’accessibilité des commerces aux personnes à mobilité réduite et de l’étendre aux immeubles résidentiels. La création d’incitatifs financiers à la rénovation d’immeubles existants serait également souhaitée.

Enfin, le milieu communautaire suggère la mise en place d’un comité consultatif permanent et multisectoriel dédié aux enjeux socioéconomiques en matière de logement, de mobilité, d’accessibilité et d’écoresponsabilité ainsi que l’ajout de deux sièges au comité consultatif d’urbanisme déjà existant, l’un pour un organisme d’action communautaire autonome et l’autre pour un organisme environnemental.

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