15 septembre 2011
Qui habitera le couvent de la Métairie?
Le milieu communautaire veut être consulté
Par: Le Courrier

L’idée lancée par le conseiller de Douville André Beauregard de déménager la dizaine d’organismes communautaires logés dans l’ancienne école Christ-Roi au couvent de la Métairie a surpris tous les acteurs du milieu communautaire.

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L’ancienne école Christ-Roi, sise au 1195 Saint-Antoine, est la propriété de la Ville de Saint-Hyacinthe qui y loge une dizaine d’organismes communautaires depuis 2002. C’est le Carrefour des groupes populaires qui en assure la gestion.

« J’en avais jamais entendu parler avant. Les organismes qui logent dans l’ancienne école sont plutôt satisfaits de ce qu’ils ont. Chose certaine, ils n’ont pas demandé de déménager! », note le coordonnateur du Carrefour, Robert Beaulieu. Mises à part les demandes répétées pour obtenir un ascenseur, M. Beaulieu affirme que les organismes n’ont jamais formulé de plaintes à l’égard de leurs locaux. Par ailleurs, les organismes y sont logés tout à fait gratuitement par la Ville. Les seuls frais mensuels exigés aux locataires sont versés dans la caisse du Carrefour des groupes populaires pour défrayer les services communs, comme la conciergerie et les photocopieurs.« Si on nous offrait de déménager et qu’il y avait beaucoup plus d’avantages à la Métairie, on le considérerait. Mais pour le moment, personne ne nous a demandé notre avis », explique M. Beaulieu.Même son de cloche du côté de la Corporation de développement communautaire (CDC). La nouvelle coordonnatrice, Chantal Goulet, estime qu’il y a certainement un besoin locatif pour les organismes, mais pas nécessairement pour ceux qui logent au 1195 Saint-Antoine. « Je comprends qu’il s’agit d’une idée préliminaire, mais je crois que le milieu devrait être consulté si cette idée fait du chemin. J’espère qu’on ne forcera pas un déménagement pour sauver de l’argent ou faciliter la conclusion d’une entente sans s’être d’abord assuré que les organismes y gagnent au change. Ma crainte, c’est qu’on se serve de nous », avance Mme Goulet.C’est que sur le grand échiquier de la Ville, ce sont les organismes culturels qui sont actuellement pressentis pour élire domicile au couvent, si la municipalité parvient à l’acquérir du Groupe Robin. Or, il avait d’abord été question que ces mêmes organismes culturels soient déménagés dans un tout nouveau pavillon attenant au Centre des arts Juliette-Lassonde. C’est dans le but de remettre ce projet sur les rails que le conseiller André Beauregard a avancé l’idée de déménager un groupe d’organismes communautaires au vieux couvent, un édifice que le conseil municipal souhaite préserver coûte que coûte pour son caractère patrimonial.Reste que même si le couvent devait venir sur un plateau d’argent avec son lot d’atouts, certains organismes pourraient être réticents à s’éloigner du centre-ville. « Il s’est créé une habitude d’aller à la rencontre des groupes communautaires au centre-ville, note Yvan Boulay, du Mouvement Action-Chômage, l’un des locataires du 1195 Saint-Antoine. Le couvent de la Métairie, c’est beau, mais ce n’est pas aussi accessible. »M. Boulay espère que tout ce beau monde – la Ville, la CDC et le Carrefour – pourra s’asseoir à la même table afin d’identifier les réels besoins du milieu communautaire, comme la Ville l’a déjà fait pour les organismes culturels et sportifs. « Je ne dis pas que le couvent n’est pas une bonne idée, conclut-il, mais est-ce qu’on peut en jaser? »-30-

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