2 juin 2011
Réseau internet maskoutain
Le milieu rural à la vitesse des villes
Par: Le Courrier

Internet haute vitesse, les résidents et propriétaires de commerce des municipalités rurales de la MRC des Maskoutains l’attendaient depuis belle lurette. Porté par la MRC au coût de 1,1 million $, le Réseau internet maskoutain (RIM) souhaite brancher les milliers de personnes toujours contraintes de se brancher par l’entremise de leur ligne téléphonique, en 2011.

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Lancé officiellement le 19 mai, le RIM a déjà effectué plus de 170 branchements et 145 clients sont en attente, dont 100 à Saint-Hugues où le service est visiblement défaillant. « Internet haute vitesse est extrêmement important pour nos communautés et pour l’occupation dynamique de notre territoire », a indiqué Yves de Bellefeuille, maire de Saint-Jude et président du conseil d’administration du réseau.

Si des entreprises privées de câblodistribution et de télécommunication comme Sogetel et Cogeco sont déjà implantées, elles sont loin de couvrir l’ensemble du territoire rural. « Les grandes compagnies n’ont pas voulu investir pour de petites densités de population », a résumé le directeur général de la MRC des Maskoutains, Gabriel Michaud.Le RIM estime à environ 6000 le nombre de clients potentiels, résidents ou propriétaires d’entreprises dans la MRC, qui ne profitent pas de la haute vitesse. « Ces gens n’ont pas accès à Internet ou ils doivent se connecter via la ligne résidentielle, ce qui est 300 fois moins rapide que ce que nous offrons », a témoigné M. de Bellefeuille.La MRC se targue d’offrir un réseau solide à prix compétitif à partir de 43,95 $ par mois sans engagement. « Nous avons fait une étude comparative de toutes les compagnies qui desservent la région, parce que nous voulions avoir des prix similaires », explique M. de Bellefeuille.Qui dit prix similaire, dit technologies similaires. Le RIM se targue d’utiliser les plus récentes technologies en matière de signaux à large bande. Son réseau est constitué de fibres optiques à 80 %, combiné à un réseau WIMAX qui sera piloté par l’entreprise XITTEL plus bas soumissionnaire conforme.Sa mise en place a été rendue possible grâce au déploiement d’un réseau de fibres optiques par la commission scolaire de Saint-Hyacinthe (CSSH) afin de brancher toutes les écoles, bureaux municipaux, casernes et bibliothèques des municipalités rurales de la MRC, en 2002-2003. « Les longues distances font en sorte qu’il devient non rentable d’installer les équipements et la fibre optique nécessaires à la fourniture des services, c’est donc grâce à la commission scolaire que nous pouvons alimenter nos antennes d’émission », explique Pierre Rhéaume, chargé de projet.Jusqu’à maintenant, 11 des 13 points d’émission prévus pour soutenir le réseau sont en place. Ces infrastructures sont financées par le Pacte rural et le programme Communautés rurales branchées du ministère des Affaires municipales, des Régions et Occupation du territoire.Par souci d’économie, certaines se retrouvent sur la cime de structures existantes comme des silos à grains ou des meuneries.Leur positionnement a été orienté en fonction des masses de citoyens qui ne sont pas desservis, soit dans la partie nord-ouest de la MRC, là où se trouve le noeud du problème, selon l’organisation du RIM. Cependant, le service est absent sur certaines routes rurales de Saint-Pie et même de Saint-Damase. « Le coeur du village est desservi par Cogeco, mais pas les rangs près de la rivière Yamaska », assure M. Rhéaume.En bout de ligne, le RIM aura nécessité des investissements de 1,1 M$ qui permettront de brancher au moins 2000 clients. Selon les estimations de l’organisme, le RIM deviendra rentable lorsque 1000 abonnés auront joint le service. Pas question pour autant de faire du RIM une société assoiffée de profits puisque tous les profits serviront à payer la partie non subventionnée du projet et seront aussi réinvestis dans l’amélioration des services. « Parce que ce projet nous appartient et que nous sommes tous concernés » a rappelé le président de Bellefeuille.« Ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu de projet qui touche les 17 municipalités de la MRC », a souligné le maire de Saint-Jude qui indique que plusieurs résidents de la couronne de Saint-Hyacinthe n’ont pas accès à une connexion haute vitesse digne de ce nom. « On estime que le nombre d’abonnés potentiels y est aussi élevé qu’à Saint-Pie », croit Pierre Rhéaume.

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