19 septembre 2013
Fermeture de l'Hôtel des Seigneurs
Le milieu se mobilise
Par: Le Courrier
Un comité de sauvetage de l'Hôtel des Seigneurs de Saint-Hyacinthe a été mis en place par le milieu économique et politique maskoutain.

Un comité de sauvetage de l'Hôtel des Seigneurs de Saint-Hyacinthe a été mis en place par le milieu économique et politique maskoutain.

L’annonce de la fermeture fin décembre de l’Hôtel des Seigneurs de Saint-Hyacinthe a créé une onde de choc au sein de la communauté d’affaires maskoutaine. Après 11 mois de conflit de travail, les prochaines semaines seront déterminantes pour espérer la conclusion d’une entente de la dernière chance entre l’employeur et les travailleurs syndiqués.

En début de semaine, des représentants des milieux économiques et politiques se sont réunis pour mettre sur pied un comité de sauvetage.

Présidé par le maire de Saint-Hyacinthe, Claude Bernier, ce comité est composé de représentants de la Ville, du CLD Les Maskoutains, de la Chambre de commerce et de l’industrie Les Maskoutains, de la Corporation de développement commercial (CDC), de Tourisme et Congrès Saint-Hyacinthe, de la SDC centre-ville et du député provincial Émilien Pelletier.« La fermeture du complexe hôtelier est un scénario inacceptable, juge sévèrement Claude Bernier. Il y a urgence à régler ce dossier dans les meilleurs délais. Nous demandons à M. Pelletier que soit nommé un super médiateur afin d’essayer de rapprocher les parties. Parlez-vous, entendez-vous et ça presse! » Rappelons que la municipalité est prête à débourser 5 M$ conditionnels à un investissement de 20 M$ du propriétaire SilverBirch Hôtels & Resorts de Vancouver dans la rénovation complète de l’hôtel. On demande aussi qu’une bannière d’envergure internationale remplace le nom actuel. « La Ville est prête à s’investir dans le centre des congrès en déléguant sa gestion à SilverBirch ou à une autre partie lorsqu’une entente sera intervenue », mentionne le maire Bernier.Les autorités municipales s’opposent également à la vente du complexe hôtelier (annoncée en mars) à d’autres fins que celles d’hôtellerie et de congrès. Début septembre, le conseil avait adopté un second gel des usages pour une période de quatre mois. Impliquée depuis 2011 dans le projet de mise à niveau de l’Hôtel des Seigneurs en collaboration avec son propriétaire, la direction du CLD Les Maskoutains regrette que le conflit de travail « ait suspendu ses travaux ».«. Si l’hôtel ferme, on perd un morceau énorme pour la région. J’espère que rapidement patronat et syndicat réussiront à s’entendre. Chaque partie doit mettre de l’eau dans son vin », estime Mario De Tilly, directeur général du CLD Les Maskoutains.On frise la catastrophe chez Tourisme et Congrès Saint-Hyacinthe qui supportait l’Hôtel des Seigneurs dans l’organisation de congrès et de salons. « Il faut que ce conflit se règle rapidement. La fermeture de l’hôtel provoquerait une restructuration de notre bureau », craint Sylvain Laliberté, directeur général de Tourisme et Congrès Saint-Hyacinthe.« Nous ne sommes pas une destination soleil. Les retombées économiques du tourisme d’affaires se chiffrent à environ 20 M$ par année », complète Steve Deslauriers, président du conseil d’administration de Tourisme et Congrès Saint-Hyacinthe et administrateur au CLD Les Maskoutains.Celui-ci dirige la rôtisserie Saint-Hubert de Saint-Hyacinthe située à proximité du complexe hôtelier et a dû réduire son personnel en raison d’une baisse d’achalandage. « Une fermeture serait dramatique pour nous. Le conflit de travail a provoqué le départ de 10 employés et baissé notre chiffre d’affaires », déplore M. Deslauriers.Pour d’autres hommes d’affaires du milieu maskoutain, la fermeture de l’Hôtel des Seigneurs sera lourde de conséquences pour la Ville. « Pour la municipalité, c’est une catastrophe totale. Nous ne pouvons pas perdre un hôtel et un centre de congrès. Il faut que survienne une entente entre les parties et que cette machine-là reparte », espère vivement André Brochu, directeur général des Galeries St-Hyacinthe. Chez le Groupe Robin, propriétaire du Holiday Inn Express & Suites de Saint-Hyacinthe, cette annonce prévisible vient ébranler une économie locale déjà fragile. « C’est catastrophique. Ce complexe hôtelier est le phare de Saint-Hyacinthe. Le syndicat semble ancré dans ses positions. L’ensemble de l’économie maskoutaine sera affecté par cette fermeture », mentionne avec déception Jonathan Robin, vice-président du Groupe Robin.

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