12 février 2015
Industrie du veau de lait
Le milieu syndical et politique silencieux
Par: Jean-Luc Lorry

Le dossier de l’industrie du veau de lait semble être classé « sensible » dans les hautes sphères du ministère de ­l’Agriculture, de l’Union des ­producteurs agricoles (UPA) et de la ­Fédération des producteurs de bovins du Québec, a constaté LE COURRIER.

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Devant l’impossibilité d’établir un coût de production représentatif de l’industrie du veau de lait, la Financière agricole du Québec a adopté en janvier des mesures qui entraîneront une réduction ­significative des montants octroyés à ce secteur via le programme d’assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA).

Invités à commenter ces ajustements, le ministre de l’Agriculture, Pierre ­Paradis, le président de l’UPA, Marcel Groleau et celui de la Fédération des ­producteurs de bovins du Québec, Claude Viel, ont tous décliné nos demandes ­d’entrevue.

Le refus du ministre Paradis de ­commenter publiquement le dossier du veau de lait surprend le porte-parole de l’opposition officielle en matière ­d’agriculture, André Villeneuve.

« Ce n’est pas normal qu’un groupe ­d’experts ne réussisse pas à établir un coût de production. Il manque des ­éléments au casse-tête et il faut que le ministre nous dise pourquoi. Je pense que dans tout ce dossier la transparence est de mise », ­estime en entrevue au COURRIER, le ­député péquiste de ­Berthier.

« S’il y a des motifs judiciaires ou autres pour expliquer son mutisme qu’il les donne. Il doit expliquer ce qui se passe parce qu’en restant silencieux on provoque ­de­l’incertitude. C’est très mauvais pour le secteur agricole », poursuit-il.

Pourtant, Pierre Paradis semble s’intéresser de près au dossier du veau de lait. Vers la mi-décembre, un éleveur de veau de lait de Saint-Dominique a été contacté par le ­bureau du ministre de l’Agriculture.

« L’attachée politique de M. Paradis m’a informé par téléphone qu’il y aurait des changements à venir à propos de l’ASRA. Elle m’a posé beaucoup de questions sur le secteur du veau de lait que je connais très bien », indique André Lussier.

Quelques jours après cet entretien d’une heure, M. Lussier recevait de la ­Financière agricole une lettre expliquant les ajustements qui seraient appliqués pour l’année 2015 concernant l’ASRA.

À la suite de notre demande d’entrevue avec le président de l’Union des ­producteurs agricoles Marcel Groleau, le conseiller aux affaires publiques de l’UPA, Patrice Juneau, a aussitôt renvoyé la balle à la Fédération des producteurs de bovins du Québec (FPBQ).

Cette fédération agricole, qui dépend de l’UPA, a également décliné notre ­demande d’entrevue avec son ­président, Claude Viel qui est éleveur de veau ­d’embouche et producteur ­laitier.

« Votre journal a fait le tour de la ­question et notre fédération n’a pas de commentaires à faire pour le moment », nous a répondu Sonia Dumont, porte-­parole de la FPBQ.

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