21 avril 2016
Le modèle Brossard?
Par: Martin Bourassa
Le modèle Brossard?

Le modèle Brossard?

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Gaspillage de temps et d’argent. Dépense inutile. C’est ce que nous ­retiendrons du rapport d’enquête de la firme SOM visant à identifier les meilleurs leviers pour accroître la population de Saint-Hyacinthe.

La Ville de Saint-Hyacinthe a dépensé 25 000 $ pour se faire dire essentiellement ce que nous savions déjà. Elle aurait mieux fait de dépenser 1,40 $ plus taxes pour un exemplaire de notre cahier des 200 plus grandes entreprises de la MRC d’octobre 2015 dans lequel nous donnions la parole aux membres de la table des sages formée par le maire Claude Corbeil. Nous l’écrivions d’ailleurs l’an dernier pratiquement à la même date, quand le mandat a été donné : il n’y a pas de recettes miracles pour attirer du monde à Saint-Hyacinthe. La clé passe encore et toujours par la disponibilité des emplois. Les auteurs du rapport suggèrent essentiellement de ­s’appuyer sur les nouveaux immigrants, « une cible de choix pour aider Saint-Hyacinthe à atteindre son objectif d’augmentation de la population d’ici 2020 ». On conseille de se servir de ceux qui sont déjà installés comme ambassadeurs pour en attirer davantage à l’aide d’une ­politique d’attraction agressive. On cite en exemple les villes de Brossard et de Laval qui attirent beaucoup plus d’immigrants que les autres villes.

Saint-Hyacinthe souhaite-t-elle absolument devenir le nouveau Brossard ou ­encore prendre Laval en modèle? Permettez-nous d’en douter. À part ça, on retiendra que nos programmes municipaux incitatifs sont perçus comme étant meilleurs que la moyenne, tout comme nos établissements d’enseignement. À l’inverse, la perception populaire veut que nos espaces verts, notre qualité de vie et nos attraits touristiques soient moins bons que la moyenne. Oui, on a dépensé 25 000 $ pour se faire dire cela.

Parmi les idées avancées pour modifier ces perceptions négatives, il est suggéré d’améliorer les programmes de crédits de taxes. On apprend que certaines municipalités subventionnent l’achat de ­tondeuse écologique (!) et on suggère l’idée originale, la seule, de redéfinir les essentiels crédits de taxes en fonction du nombre de personnes et d’enfants au sein des ménages. Mais on retiendra surtout les principaux défis qui nous restent à ­relever pour accélérer le développement résidentiel. Les six (!) agents immobiliers et constructeurs de Saint-Hyacinthe consultés dans le cadre de cet exercice n’ont pas été tendres avec le centre-ville « désuet, voire inexistant », et avec l’administration municipale qui « n’a pas de ­vision commune » et prend des décisions sans consultation. Pour créer de l’emploi, ils avancent que la « Ville gagnerait à se doter d’une équipe appuyant l’industrie locale, et oeuvrant à la développer et à la faire connaître ». Saint-Hyacinthe Technopole ça vous dit quelque chose les amis?

Bref, on passe au travers les 40 pages du rapport et on comprend vite pourquoi il n’a pas fait l’objet d’une présentation publique et pourquoi il a fallu insister ­auprès de la Ville de Saint-Hyacinthe pour en avoir une copie. Ce rapport ne règle absolument rien.

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