27 septembre 2018
Québec 2018
Le moment de vérité
Par: Martin Bourassa

C’est fait. Vous tenez enmain la dernière édition du Courrier de Saint-Hyacinthe avant l’élection provinciale du 1er octobre. Nous regarderons donc passer les derniers jours de la campagne sur les lignes de côté, en bons spectateurs attentifs.

Publicité
Activer le son

Au cours des dernières semaines, nous avons consacré plusieurs pages aux faits et gestes des candidats dans la circonscription de Saint-Hyacinthe. L’heure est donc au bilan dans ce journal, avec un dernier tour de table assez étoffé.

Mais ne comptez pas sur nous pour vous dire pour qui voter. Nous préférons laisser à chaque électeur la responsabilité de voter pour le candidat ou le parti qui répond le mieux à ses aspirations. Notre rôle aura davantage consisté à accompagner l’électeur maskoutain dans sa quête d’informations pour qu’il puisse faire un choix éclairé parmi les propositions des candidats et des partis politiques.

C’est un véritable buffet que ces derniers nous ont offert ces dernières semaines avec des engagements variés totalisant plusieurs milliards de dollars en santé, en éducation, en infrastructures, en transport et dans à peu près tous les domaines possibles et inimaginables risquant de leur attirer quelques votes. Tenez, Québec solidaire n’a pas hésité à prendre l’engagement d’autoriser les compétitions amateurs d’arts martiaux non olympiques, au grand plaisir des membres de l’association de Ju-jitsu Québec. Parmi les enjeux de société, des partis ont ratissé plus large que d’autres!

La campagne qui s’achève a été assez surprenante merci. Sur la scène nationale, je retiens le manque flagrant de préparation d’à peu près tous les partis. Pour les premières élections à date fixe de l’histoire du Québec, je m’explique mal les cafouillages entourant la sélection des candidats, dont certains auront été des boulets pour leur parti. Même cafouillage dans la capacité d’éviter les controverses que certains chefs ont eux-mêmes créées et entretenues. Le premier ministre Philippe Couillard aura longtemps l’étiquette du 75 $ d’épicerie collée à la peau. Elle aura finalement permis de balayer sous le tapis les ratés répétés de François Legault sur l’immigration.

Et après avoir bien manœuvré en début de campagne, Jean-François Lisée a perdu bien du temps (trop?) et des plumes à tenter de percer le mystère de Québec solidaire. De ce côté, la non-marxiste (!) Manon Massé a surtout surfé sur la vague et roulé avec les coups, malgré les difficultés à convaincre l’électorat que cette formation à tout ce qu’il faut pour gouverner un jour.

Dans le comté, la campagne 2018 n’a pas généré beaucoup de flammèches.

La députée sortante Chantal Soucy n’avait rien à gagner à ruer dans les brancards dans un comté du 450 qu’on lui concédait d’avance en début de campagne. Elle a donc joué safe, défensif au coton et n’a pas toujours donné l’impression d’être en parfait contrôle. À l’image de son chef. On sait aussi maintenant que le péquiste Daniel Breton ne se prend pas pour un 7 Up flat. Il a une très haute estime de lui-même et de ses capacités à livrer la marchandise. Bien entouré, M. Breton a fait une très bonne campagne. Du côté de Québec solidaire, Marijo Demers a été une révélation. Allumée et articulée, elle a rehaussé les échanges, même si son parti peut davantage rêver à embêter les autres partis qu’à leur soutirer le pouvoir. QS devrait faire belle figure au terme du dépouillement national lundi soir, au grand dam du PQ. Quant à Annie Pelletier, disons qu’elle a peiné à vendre sa salade libérale.

Petit conseil amical à tous les conseillers municipaux qui aspirent à devenir député provincial ou fédéral, commencez donc par vous distinguer par vos interventions pertinentes et votre travail comme conseiller avant de prétendre à plus de responsabilités.

N’est pas Brigitte Sansoucy qui veut.

Pour le plaisir de la chose, risquons tout de même quelques prédictions.

Si la tendance se maintient, et diable que le vent peut tourner rapidement, le prochain gouvernement devrait être caquiste. La grande question est de savoir s’il sera majoritaire ou minoritaire. J’opterais pour la seconde option, sans parier mon hypothèque là-dessus. Localement, et logiquement, Chantal Soucy semble là pour rester. Mais une surprise est si vite arrivée en politique. À suivre… 

image