14 août 2014
Toyota RAV4 2014
Le nouveau raffinement
Par: Marc Bouchard
Photos Toyota Canada

Photos Toyota Canada

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J’ai conduit un Toyota RAV4, et j’ai survécu. Loin de moi l’idée de croire que mon expérience était dangereuse, mais avouons qu’après avoir conduit ma voiture de la dernière semaine (une Jaguar F-type si votre mémoire vous joue des tours ou si vous avez oublié d’acheter votre numéro du COURRIER), vous comprendrez que l’excitation était moins grande. J’ai malgré tout apprécié l’expérience, et aurai l’occasion de l’apprécier encore pour quelques semaines, puisque le RAV4 fera chez moi un séjour prolongé.

Le RAV4 est l’un des meilleurs de sa catégorie, nul ne pourra le nier. Comme il s’agit d’une catégorie en forte hausse, celle des utilitaires sport compacts, et que le modèle Toyota trône tout près du sommet des ventes, vous aurez compris que je ne suis pas le seul à croire cela. Le seul bémol de ce véhicule en fait, c’est l’absence de véritables sensations de conduite.

Prenez la silhouette par exemple. Totalement remaniée l’année dernière, elle est plus moderne, plus sophistiquée que jamais. Fini le hayon avec sa grosse roue qui encombrait tous les stationnements publics. Terminées les lignes carrées de la partie arrière qui conféraient au RAV4 une allure un peu trop vieillotte pour son âge. Non, aujourd’hui le petit véhicule est arrondi, voire joufflu par endroits, et n’a rien de vieillot bien au contraire.

Même les blocs optiques proposent désormais un look nettement plus moderne. Et le rouge bien distinct de la carrosserie de mon modèle d’essai donnait lui aussi une allure intéressante. Avouons cependant, et c’est là le défaut de beaucoup de ces modèles, la silhouette n’a rien de si unique. Elle se mélange avec aisance dans la gamme des VUS compacts, sans détoner ou accrocher particulièrement le regard.

Même son de cloche dans l’habitacle. On y retrouve une abondance d’accessoires, et tout l’équipement nécessaire au confort, mais dans un agencement au matériau de qualité et bien assemblé sans véritable sens de l’esthétisme unique. Seul le système multimédia long au centre de la planche de bord se distingue un peu de ses rivaux avec des commandes différentes. Mais rien pour mélanger l’automobiliste observateur.

Rendons cependant à César ce qui est à César. S’il est vrai que le design n’a rien de spectaculaire, il est sobre, mais bien pensé, et surtout d’une qualité d’assemblage que l’on retrouve peu dans cette catégorie. C’est d’ailleurs là l’une des plus grandes forces de Toyota.

Cela, et l’abondant espace intérieur qui réserve aux passagers arrière bien assez de dégagement pour la tête et les jambes, et aux occupants avant le même confort. Sans oublier l’espace de chargement aisément accessible et bien assez vaste pour y rassembler tous les bagages de la famille.

Mécaniquement, le RAV4 a subi avec cette génération l’ablation du V6. Il ne reste donc plus que le 4 cylindres, dont la cavalerie de 176 chevaux est plus que suffisante. C’est donc dire que le V6, pourtant populaire, n’est plus offert au catalogue. On lui préfère un quatre cylindres de 2,5 litres qui produit 176 chevaux. La nouvelle transmission automatique à six rapports permet un changement de vitesse séquentiel.

On dispose d’un système de modes de conduite. Le mode Eco relaxe la réactivité de l’accélérateur et la puissance de la climatisation afin de maximiser l’économie d’essence. Le mode Sport modifie la réactivité de la motorisation, raffermit la servodirection et rend le RAV4 plus dynamique. Les différences sont perceptibles, mais on doute que les propriétaires s’en servent fréquemment.

En matière de sécurité, les choix sont nombreux : le dispositif de contrôle dynamique du couple, l’avertisseur de circulation transversale arrière, l’avertisseur de sortie de voie, le moniteur d’angles morts, le système de feux de route automatiques et la caméra de recul sont autant de dispositifs disponibles qui rendront votre conduite plus agréable et plus sécuritaire. L’habitacle plus luxueux s’avère plus silencieux.

Bémol d’importance cependant, malgré tous ses changements, le RAV 4 n’a pas gagné ce qui lui manquait : un peu de plaisir derrière le volant. La planche de bord est sobre, voire trop sobre, et l’ensemble ne donne pas l’aspect moderne qu’on pourrait souhaiter. Et la randonnée, bien que confortable, se compare davantage à celui d’une berline familiale que d’un utilitaire sport.

Fiable, increvable et efficace, le RAV4 s’adresse d’abord à ceux qui préfèrent une randonnée sans problème. Ceux qui aiment l’aventure et les sensations fortes pourront s’y rendre sans encombre, mais ce n’est pas en se déplaçant qu’ils vont ressentir le grand frisson.

Fiche techniqueForces :– Fiabilité– Confort– Espace intérieurFaiblesses :– Manque de sensation de conduite– Design trop sobre

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